La question de la santé est d’une grande importance dans le monde arabe. En effet, son traitement est touché par les mutations sociales, économiques et politiques. Puisque les pays arabes sont principalement en développement, les systèmes de santé arabes seraient a priori faibles et peu efficaces. Ainsi, les gouvernements arabes ont tout à gagner en essayant d’améliorer la qualité des services de santé.
La santé dans les pays arabes : un bilan inégal
Le constat sur la qualité des systèmes de santé est différent selon les pays arabes.
Les pays du Golfe
Les pays du Golfe, ayant généralement des revenus élevés, s’en sortent plutôt bien. Leurs modèles sont hybrides, car ils combinent un service public très numérisé avec un secteur privé dynamique et croissant. Par ailleurs, les infrastructures utilisées dans le secteur privé sont qualifiées d’ultra-modernes, car reposant sur les toutes dernières technologies.
De plus, ces nations parviennent à garantir une couverture presque universelle. Cela améliore la qualité de vie des citoyens. Par exemple, l’Arabie saoudite garantit à ses citoyens un accès gratuit à un vaste réseau de services de santé publics. Ce dispositif est financé directement par les recettes pétrolières.
Les pays à revenus intermédiaires ou faibles
Dans ces pays, souvent situés en Afrique du Nord ou au Moyen-Orient, la situation est différente. Les systèmes se reposent souvent sur des services publics sous-financés. Ces pays souffrent d’une pénurie structurelle de personnel (médecins, infirmières, etc.). De plus, la corruption est une pratique profondément ancrée dans plusieurs pays arabes. Cela nuit directement à la volonté de construire un système de santé juste et équitable. En effet, les élites orientent le système vers leurs propres intérêts, délaissant ainsi ceux du peuple.
Pour pallier ces carences, des réformes ambitieuses ont été administrées. Par exemple, le Maroc a généralisé en 2024 la couverture médicale (AMO et RAMED). Cela avait pour objectif d’étendre l’accès aux services de santé et d’alléger les dépenses des ménages. Malgré les efforts, la réforme se heurte à des défis de durabilité du financement et le peuple n’est pas satisfait des avancées.
Les défis majeurs que pose la santé aux pays arabes
Les maladies chroniques
Les maladies chroniques représentent un défi de santé publique dans le monde en général, mais particulièrement dans les pays arabes. Leur émergence résulte souvent des changements rapides des modes de vie. L’exode rural, l’urbanisation, la sédentarité et l’essor de la consommation d’aliments transformés ont tous contribué à cette tendance. Les pays arabes affichent ainsi des taux record en matière d’obésité et de diabète.
L’obésité, en particulier chez les femmes, est un grand fléau dans le monde arabe. Cela s’explique par des facteurs socioculturels. En effet, les femmes arabes sont souvent très sédentaires du fait de la charge domestique qu’elles doivent supporter. Les mentalités dans certaines régions n’ont pas encore pleinement évolué et associent la femme à la maison.
Les maladies infectieuses
C’est souvent dans les pays à faibles revenus que les maladies infectieuses ont persisté. La tuberculose, l’hépatite ou encore le choléra représentent toujours des combats importants. Cela est directement lié à un système fragile : eau non potable et assainissement inadéquat. S’ajoutent à ces maladies des mouvements sociaux liés à la crise sanitaire. Ces mouvements sont un terreau fertile pour la propagation des maladies et des épidémies.
Pour illustrer, le Yémen a connu une des plus grandes contagions récentes de choléra. La maladie a été transmise par l’eau contaminée. Les composants du système de santé (infrastructures publiques) ne fonctionnaient pas correctement, ce qui a boosté la maladie. De plus, la crise sociale alimentée par la malnutrition renforce l’instabilité politique. Or, seule la stabilité politique peut permettre à un gouvernement de concrétiser des mesures d’amélioration du système de santé.
Santé maternelle et infantile
L’été dernier, une dizaine de femmes sont décédées dans des hôpitaux à Agadir au Maroc, à cause de la mauvaise réalisation des césariennes lors des accouchements. Ces manquements professionnels ont été le moteur d’une grande vague de manifestations dans le pays. Le peuple revendique l’amélioration des services publics de santé et une meilleure gestion du budget.
Dans les pays arabes les plus pauvres (Somalie et Yémen), la mortalité infantile et maternelle demeure à un niveau très haut. Cela s’explique par un manque cruel de soins prénataux et obstétricaux de qualité.
Les facteurs socioculturels qui déterminent l’organisation et le fonctionnement des systèmes de santé
L’éducation sanitaire dans le monde arabe
Les gouvernements doivent agir pour améliorer la situation future des systèmes de santé. L’éducation sanitaire et le travail de sensibilisation à la prévention sont essentiels pour permettre l’essor de politiques efficaces et coopératives. Le but est de rendre les citoyens acteurs de cette amélioration pour éviter tous les mouvements sociaux.
Cela peut passer par l’amélioration de l’information dans la société. Le système du Nutri-Score peut être une bonne inspiration, car il permet aux citoyens de mieux maîtriser leur consommation. En 2020, la Tunisie a créé une nouvelle matière dans les classes de collèges, nommée éducation alimentaire (التربية الغذائية). Son but était d’ancrer chez les élèves la notion d’équilibre alimentaire et les conséquences de l’alimentation sur la forme physique.
La santé mentale : un tabou dans le monde arabe ?
Contrairement aux maladies physiques, les troubles psychologiques, comme la dépression et l’anxiété, sont peu considérés. En effet, être victime d’une maladie mentale peut être facteur de stigmatisation et de marginalisation. Cela s’explique par le fait que les malades craignent la pression sociale et le jugement d’autrui.
Les conséquences de cette situation sont que les victimes ne se confient pas. Ainsi, ces troubles restent souvent mal compris et sous-diagnostiqués. Les soins sont alors prodigués tardivement et de manière insuffisante, ce qui accentue l‘isolement et aggrave le mal-être mental.
Conclusion
En définitive, la situation sanitaire dans le monde arabe est une réalité complexe et inégale. Elle est influencée par des contraintes économiques et des tensions géopolitiques qui compliquent la tâche des gouvernements. Malgré les efforts entrepris par plusieurs pays arabes, les résultats sont insuffisants et une réforme des institutions est nécessaire pour favoriser un véritable changement.
Si tu veux continuer tes révisions, clique ici !



