Oggi si parla di politica. L’histoire politique italienne est marquée par l’instabilité et les ruptures, ce qui affecte directement la confiance des citoyens et l’efficacité des politiques publiques. Depuis 1946, les Italiens ont formé 71 gouvernements et ont élu 26 présidents du Conseil des ministres. Dès lors, comment les spécificités historiques et institutionnelles de l’Italie expliquent-elles l’instabilité de son système politique et en quoi les réformes actuelles du gouvernement Meloni cherchent-elles à y remédier ? J’admets que le fonctionnement politique italien n’est pas évident, mais j’espère qu’après cet article tout sera plus clair pour toi !
Dans cet article, tous les titres sont en italien, cela te permettra de réviser autrement ton vocabulaire sur le thème !
Ritorno nel passato: dal Risorgimento alla Seconda Repubblica
Pour comprendre les enjeux politiques actuels, il faut d’abord se pencher sur l’histoire de l’Italie.
En effet, jusqu’au milieu du XIXe siècle, l’Italie reste divisée en plusieurs États (Royaume de Naples, États pontificaux, duchés, Royaume de Piémont-Sardaigne…), que des puissances étrangères contrôlent en partie, notamment l’Autriche, au nord. Elle n’était qu’une « expression géographique » (espressione geografica), pour reprendre les mots de Metternich. Ce n’est qu’après son unification en 1870 qu’elle devient une réalité politique.
Il Risorgimento
Étape par étape, l’Italie a été progressivement unifiée.
En 1859, le Piémont-Sardaigne, dirigé par Camillo Cavour, s’allie avec Napoléon III contre l’Autriche, ce qui lui permet de récupérer la Lombardie.
Au Sud de la péninsule, Giuseppe Garibaldi débarque en Sicile en 1860 avec 1 000 hommes volontaires (Spedizione dei Mille) pour libérer le Royaume des Deux-Siciles. Ce Royaume, gouverné par un roi autoritaire, François II de Bourbon, est considéré comme en retard économiquement et politiquement. Garibaldi l’unifie ensuite au Royaume de Piémont-Sardaigne.
Dès lors, le Parlement se réunit à Turin et proclame le Royaume d’Italie le 17 mars 1861 avec à sa tête le roi Victor-Emmanuel II. L’Italie est née, mais elle n’est pas encore complète. Ce n’est qu’en 1866 que le Royaume récupère la Vénétie grâce à l’aide de la Prusse, et en 1870, il annexe sa future capitale, Rome, alors sous le contrôle du pape et protégée par la France.
Le Repubbliche
Les événements de la première moitié du XXe siècle sont bien connus, les deux guerres mondiales ravagent le Bel Paese et la fin de la Deuxième Guerre mondiale marque aussi la chute du régime fasciste et la fin de la monarchie.
Le 2 juin 1946 est un jour historique en Italie : 28 millions de personnes se rendent aux urnes, y compris les femmes pour la première fois, et le résultat est clair, les Italiens choisissent une République.
En 1922, cette première République s’effondre, car l’opération Tangentopoli ébranle le pays en révélant un système fondé sur la corruption. Cela ouvre la voie à une Deuxième République plus transparente, bien que la Constitution reste inchangée.
Il funzionamento istituzionale
A livello nazionale
La démocratie italienne fonctionne selon un principe représentatif : tous les cinq ans, les citoyens élisent leurs députés, qui élisent à leur tour le président de la République. Pour mieux comprendre le fonctionnement de ce système politique fondé sur la division des pouvoirs, il est essentiel de présenter les principales institutions qui structurent la République italienne.
Tout d’abord, le Parlement bicaméral, composé de deux chambres aux pouvoirs égaux, la chambre des députés et le Sénat, incarne le pouvoir législatif, c’est-à-dire qu’il vote les lois. Les 400 députés siégeant au Palais Montecitorio et les 200 sénateurs siégeant au Palais Madama sont élus au suffrage universel direct.
Ensuite, le gouvernement, qui réunit le président du Conseil (actuellement Giorgia Meloni) et ses ministres, propose les lois, met en œuvre la politique votée et gère les affaires courantes. Le président du Conseil détient le véritable pouvoir exécutif, mais doit obtenir la confiance des deux chambres pour gouverner.
Enfin, la Cour constitutionnelle, composée de 15 juges, contrôle la constitutionnalité des lois, c’est-à-dire qu’elle peut invalider les lois qu’elle juge inconstitutionnelles.
Le président de la République (actuellement Sergio Mattarella) exerce un mandat de sept ans. Les députés et les délégués régionaux l’élisent au suffrage indirect et il réside au palais Quirinale. Il est supposé rester neutre dans le débat politique pour incarner l’unité nationale. Son rôle est essentiellement symbolique, il dispose néanmoins de quelques pouvoirs, comme la nomination du président du Conseil, la dissolution du Parlement et l’arbitrage en cas de crise politique.
A livello regionale
L’Italie a un système régional très prononcé, surtout depuis la réforme constitutionnelle de 2001. Sans être un État fédéral à proprement parler ni un État unitaire classique, l’Italie est qualifiée « d’État régionalisé ».
Le pays compte 20 régions, réparties en deux catégories : 15 régions sont à statut ordinaire et 5 régions sont à statut spécial. La Sicile, la Sardaigne, le Trentin-Haut-Adige, la Vallée d’Aoste et le Frioul-Vénétie julienne bénéficient d’une plus grande autonomie, notamment en ce qui concerne la culture, la langue et l’économie.
Ainsi, chaque région italienne dispose de son propre Conseil régional, élu au suffrage universel, d’un président de région et d’un exécutif régional. Les régions sont libres d’adopter leurs lois régionales dans les domaines qui leur sont confiés par la Constitution.
Depuis la réforme constitutionnelle de 2001, l’État et les régions se partagent les compétences, afin de mieux adapter les politiques publiques aux réalités locales et de valoriser les identités régionales, très marquées en Italie. On distingue :
- les compétences exclusives de l’État : défense, justice, relations internationales, monnaie, immigration… ;
- les compétences concurrentes (partagées) : santé, éducation, environnement, aménagement du territoire, transports… ;
- les compétences exclusives des régions : tourisme, agriculture locale, commerce local, police municipale…
Cependant, ce système accentue la fracture territoriale entre un Nord riche et un Sud plus défavorisé, tout en complexifiant la bureaucratie à cause du chevauchement de certaines compétences.
Depuis 2017, les régions du Nord (Lombardie, Vénétie et Emilie-Romagna) réclament une plus grande autonomie. Cette revendication conduit au vote de la legge Calderoli en 2024, que la Cour constitutionnelle juge ensuite inconstitutionnelle.
Il governo Meloni e le forze politiche attuali
Presentazione del governo
Le gouvernement Meloni succède à celui de Mario Draghi, contraint de démissionner en 2022 après avoir perdu la confiance du Movimento 5 Stelle, la Lega et Forza Italia. Cette rupture entraîne la dissolution du Parlement et provoque des élections anticipées.
Aux urnes, la coalition de centre droit, composée de Fratelli d’Italia, la Lega et Forza Italia, remporte la majorité absolue des sièges dans les deux chambres. Suite à cette victoire, le Président nomme Giorgia Meloni à la tête du gouvernement, faisant d’elle la première femme à occuper le poste de présidente du Conseil des ministres en Italie.
Les partis actuellement au gouvernement (coalition de droite)
- Fratelli d’Italia (FDI) (Frères d’Italie), dirigé par Giorgia Meloni : Parti conservateur, nationaliste et eurosceptique, fondé en 2012, héritier partiel de la droite post-fasciste.
- Lega (Ligue), dirigé par Matteo Salvini (vice-président du Conseil) : parti régionaliste et populiste fondé en 1989.
- Forza Italia (FI), dirigé par Antonio Tajani : parti libéral et conservateur, fondé en 1994 par Silvio Berlusconi.
- Unione di Centro (UDC) (Union du centre), dirigé par Lorenzo Cesa et Antonio De Poli : parti démocrate-chrétien et conservateur fondé en 2008.
Certains partis sont frontalement opposés à la politique de Meloni (partis d’opposition)
- Partito Democratico (PD) (Parti démocrate), dirigé par Elly Schlein : parti social-démocrate et social-chrétien fondé en 2007.
- Movimento 5 Stelle (M5S) (Mouvement 5 Étoiles) dirigé par Giuseppe Conte : mouvement populiste, écologiste et anti-partis traditionnels, fondé en 2009 par Beppe Grillo et Gianroberto Casaleggio.
- Sinistra Italiana e Verdi (Gauche italienne et Verts) : coalition écologiste et socialiste, marginale sur le plan électoral mais active dans les débats progressistes. Elle est alliée avec le PD dans la coalition de centre-gauche.
Certains partis sont indépendants ou centristes
- Italia Viva (IV) (Italie vivante), dirigé par Matteo Renzi : parti social-libéral, pro-européen et réformiste fondé en 2019, actuellement indépendant.
- Azione (Action), dirigé par Carlo Calenda : parti centriste, réformiste et pro-européen fondé en 2019.
Le grande riforme volute dal governo Meloni
Il Premierato
La réforme incontournable portée par Giorgia Meloni est celle du Premierato, censée répondre à la fragilité structurelle de la politique italienne, marquée par une succession de gouvernements sans continuité. En renforçant le pouvoir exécutif, Meloni vise à garantir une stabilité lui permettant la mise en œuvre de stratégies à long terme, sans crainte d’être renversée en cours de mandat.
Concrètement, le Premeriato, qualifié de « madre di tutte le riforme » par Meloni elle-même, instaurerait une élection directe du président du Conseil, en même temps que les élections législatives. Le président du Conseil exercerait alors un mandat fixe de cinq ans. Par ailleurs, des mécanismes dits antiribaltone prévoient qu’en cas de remplacement du Premier ministre, son successeur doit appartenir au même bloc majoritaire. Dans le cas contraire, le Parlement serait dissous et de nouvelles élections devraient être convoquées.
Celle réforme suscite des critiques en raison du risque de concentration excessive du pouvoir exécutif. Le rôle du Président serait fortement réduit, de même pour celui du Parlement. Le texte doit encore être adopté dans les deux chambres avec une majorité des deux tiers. À défaut, il pourrait être soumis à référendum populaire.
La riforma della giustizia
Parallèlement, la justice représente un autre pilier que Giorgia Meloni souhaite réformer pour la rendre plus rapide, plus efficace et plus impartiale afin qu’elle devienne « une justice au service des citoyens » dans laquelle « les magistrats s’abstiennent d’exprimer des opinions politiques », selon les dires d’Antonio Tajani (vice-président du Conseil) dans Il Corriere della Sera.
Plus précisément, la réforme vise à réorganiser le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), en le divisant en deux conseils distincts, l’un pour les juges (magistratura giudicante) et l’autre pour les procureurs (magistratura requirente). Ce changement rendrait impossible le passage d’une fonction à l’autre au cours de la carrière d’un magistrat. En complément, le gouvernement propose de créer une Alta Corte, composée de membres nommés ou tirés au sort, chargée de gérer les procédures disciplinaires à l’encontre des magistrats.
Cependant, le CSM dénonce cette réforme qu’il juge inconstitutionnelle, pointant un risque sérieux d’érosion de l’indépendance de la justice et d’ingérence du pouvoir exécutif dans le judiciaire. La réforme a été approuvée par le Sénat, mais n’est pas encore entrée en vigueur.
Conclusion
J’espère que cet article t’a permis de mieux comprendre les grandes étapes de l’histoire politique italienne, le fonctionnement de ses institutions, ainsi que les réformes actuelles qui sont portées par le gouvernement Meloni.
Te voilà désormais bien préparé(e) pour aborder la politique italienne en colle ou en devoir surveillé. Bon courage pour la suite, et à la prochaine !
Vocabulaire utile
- Sistema elettorale : système électoral
- Popolo sovrano : peuple souverain
- Democrazia rappresentativa : démocratie représentative
- Cittadini : citoyens
- Legge : loi
- Decreto : décret
- Mandato : mandat
- Riforma : réforme
- Potere legislativo : pouvoir législatif
- Potere esecutivo : pouvoir exécutif
- Potere giudiziario : pouvoir judiciaire
- Suffragio universale : suffrage universel
- Maggioranza assoluta : majorité absolue
- Partito di maggioranza : parti de la majorité
- Partito di minoranza : parti de la minorité
- Scontro politico : affrontement politique
- Elezioni anticipate : élections anticipées
- Fiducia : confiance
- Costituzionalità : constitutionnalité



