Analyse de copie Management HEC notée 19/20 Analyse de copie Management HEC notée 19/20
Pour bien se préparer aux épreuves, rien de mieux que de voir à quoi ressemble une copie qui a excellée lors des précédentes. C’est... Analyse de copie Management HEC notée 19/20

Pour bien se préparer aux épreuves, rien de mieux que de voir à quoi ressemble une copie qui a excellée lors des précédentes. C’est pourquoi nous allons ici analyser une copie notée 19/20 lors de l’épreuve 2017 de Management HEC, c’est-à-dire voir quelles sont les éléments qui ont permis à cette copie d’obtenir presque la meilleure note possible et que vous devez donc garder en tête le jour j, mais également quels sont ses défauts et les points perfectibles car, aussi étrange que cela puisse paraître, la copie est loin d’être parfaite. Elle est disponible en cliquant ici.

Pourquoi cette copie est excellente ?

Avant de s’attaquer au contenu, intéressons-nous d’abord à la forme de la copie, qui a un rôle important dans la détermination de la note finale. On remarque déjà que la copie est propre (les écritures légèrement effacées sont sûrement dues aux photocopies), lisible et agréable à regarder. C’est, dans l’ensemble, plutôt bien aéré, même si parfois on se retrouve avec des gros pavés, surtout lorsqu’il développe beaucoup les réponses. Lorsqu’il y a des calculs, le candidat utilise des tableaux pour bien classer les informations de manière précise et claire, ce qui facilite la tâche au correcteur. La présentation est souvent négligée par les candidats. Or, une belle copie bien présentée et lisible donne une très bonne première impression au correcteur qui, généralement, sait que cela annonce une bonne copie. D’ailleurs, parmi les points sur lesquelles les rapports des jurys insistent chaque année, on en retrouve plusieurs directement liés à la présentation : « la clarté dans la justification des résultats présentés et des indicateurs proposés », « les efforts de structuration et de présentation des réponses », « les qualités rédactionnelles et de présentation générale du travail ». Prendre le temps de bien structurer et présenter ses réponses semble assez difficile dans une épreuve qui est déjà bien assez difficile à terminer, et l’on aurait plutôt tendance à se dépêcher pour essayer de répondre à un maximum de questions. Pourtant, comme on va le voir par la suite, cela semble être un pari qui s’est avéré payant pour le candidat.

Ensuite, et c’est selon moi ce qui a fait toute la différence, la manière dont sont abordées les questions est excellente. Pour chaque question, le candidat prend soin de bien définir chaque terme important avant de commencer à répondre. Bien souvent, il utilise même des auteurs pour affiner ses analyses, auteurs qui peuvent aussi bien être des incontournables en management (Porter, Mintzberg, Reix, Chandler, Coase et Williamson) qu’originaux (la méthode OVAR). A ce titre, avoir mobilisé la typologie des innovations de Schumpeter dans un sujet pareil était particulièrement pertinente et a été très bien utilisé, et pas seulement pour la question qui demandait pourquoi l’innovation était un facteur clé de succès. D’ailleurs, les auteurs ne sont pas juste « namedropés » juste pour faire joli au début d’une question mais sont utilisés tout le long du devoir, ce qui atteste de la capacité du candidat à avoir une vision globale du cas et à faire le lien entre les différents enjeux dans chaque domaine. En plus d’enrichir de manière évidente l’analyse et les réponses, cette démarche donne une certaine structure à sa manière de répondre. Pour chaque question (abordée), on distingue clairement d’abord une première partie consacrée à la définition des termes, des enjeux, voire la littérature managériale et économique sur le sujet, puis le candidat se base sur cette première partie pour structurer son analyse et sa réponse dans le cas concret de l’entreprise.

Enfin, les questions sont traitées en profondeur. Pour les deux premiers dossiers (on reviendra plus tard sur le cas du troisième), quasiment toutes les réponses font presque une page, et ne sont absolument pas de la paraphrase. Bien au contraire, un point de vue est souvent adopté puis va être défendu grâce à la mobilisation de nombreux arguments. Cela témoigne à la fois d’une utilisation intelligente des annexes mais également d’une grande réflexion sur chacune des questions posées, et donc au final, d’une bonne compréhension du cas et des enjeux dans son ensemble. La réponse à propos du co-branding illustre parfaitement cela : cette notion n’étant pas censée être connue des candidats, l’annexe 6 est utilisée afin, dans un premier temps, de définir de quoi on parle, puis de l’appliquer au cas concret. C’est exactement de cette façon qu’il faut utiliser une annexe qui est là pour expliquer une notion « hors-programme ». Or regrettera toutefois que les documents théoriques sur Herbert Simon et la théorie des contrats n’aient pas été mobilisées, comme souvent. Pourtant, si elles sont dans le sujet, c’est bien qu’elles doivent être utilisées.

 

Pourquoi est-elle loin d’être parfaite ?

Si les deux premiers dossiers frôlent la perfection, le troisième est une véritable catastrophe ! Hormis la première question où tous les calculs sont justes et on retrouve une rédaction claire, précise et structurée, avec des tableaux pour présenter de manière agréable les calculs, on voit tous simplement que le candidat n’avait plus du tout assez de temps pour finir l’épreuve : cela donne alors des calculs faux (et d’ailleurs même pas réalisés pour les bonnes questions), une réponse de trois lignes sur le taux d’actualisation et surtout trois questions qui passent à la trappe et ne sont pas du tout abordées. Si on rajoute la dernière question du dossier 2 où il n’a eu le temps que de donner la définition d’un PGI, cela fait donc 4 questions non traitées, ce qui est tout simplement énorme !

A trop vouloir bien répondre à chaque fois, il a manqué de temps pour et est donc passé à côté de presque tout un dossier, dossier qui, en plus, est généralement valorisé par les correcteurs car c’est le seul qui présente des calculs. La gestion du temps est donc le défaut principal de la copie, et c’est d’ailleurs celui d’une grande majorité des copies comme le rappelle le rapport : « Les moyennes constatées sur les 3 dossiers s’élèvent respectivement à 13,85 ; 13,35 et 9,25 sur 20 ce qui démontre clairement la nécessité pour les candidats de gérer avec attention leur temps pour réussir ». Manquer de temps et donc ne pas parvenir à traiter (correctement) l’ensemble des questions est donc le principal écueil que vous devez éviter !

Mais alors comment, avec presque un tiers du sujet non traité, cette copie peut bien avoir une note aussi élevée ? Tout simplement parce que, comme je le disais au début, la première impression que vous faites au correcteur est le plus important et déterminant pour votre note (et pas qu’en management). Tout ce que le candidat a abordé, il l’a fait d’une manière quasi-irréprochable, et c’est particulièrement vrai pour les dossiers 1 et 2. Hormis les quelques calculs faux à la fin, aucune ânerie n’est présente tout le long de cette copie claire, concise, riche en contenu et bien présentée. Nul doute que le correcteur a du apprécié corriger cette copie et lorsqu’il en a eu fini, on l’imagine très bien s’être dit : « il pouvait très bien répondre parfaitement à toutes les questions avec juste quelques minutes de plus » et n’a donc sûrement pas hésité à mettre ce 19. D’ailleurs, dès la fin du premier dossier, il pensait peut-être même accorder la note maximale avant d’enlever un petit point pour cette gestion du temps un peu hasardeuse. On pourrait également souligner le fait que le candidat a sûrement compris assez rapidement qu’il allait manquer de temps et n’a pas hésité à sauter des questions (la dernière du dossier 2 pour s’attaquer directement à l’analyse de la structure financière par exemple ou encore la quasi-totalité du dossier 3 pour s’attarder sur la GPEC) pour se concentrer sur des questions où il savait qu’il allait bien répondre et/ou qui rapportaient beaucoup de points. En cas de situation critique, c’est un réflexe qu’il faut avoir.

Les éléments cruciaux à retenir sont donc :

  •     L’importance de la présentation
  •     La structure et la rédaction des réponses
  •     Définir les termes importants des questions
  •     Utiliser des auteurs pour appliquer concrètement leurs théories à la situation de l’entreprise
  •     Ne pas faire des réponses de cinq lignes
  •     Utiliser TOUTES les annexes de façon pertinente
  •     Avoir une vision d’ensemble du cas pour nourrir la réflexion et les réponses
  •     Bien gérer son temps
  •     Ne pas délaisser la partie calculatoire de l’épreuve

Jean-Loup Osella

étudiant en prépa ECT à La Martinière Duchère à Lyon.

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