Rapport de jury – Management EM Normandie/INSEEC 2020 Rapport de jury – Management EM Normandie/INSEEC 2020
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Tu peux retrouver le sujet de l’épreuve ici : Management EM Normandie/INSEEC 2020 – Sujet

 

Les statistiques

Le nombre de candidats est en baisse pour la deuxième année après avoir connu huit années de hausse.

Année 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020
Nombre de candidats 749 893 893 959 870 1020 1060 1232 1231 968 785

La moyenne globale est en légère baisse par rapport à la session précédente.

Année 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020
Moyenne 10.88 10.81 10.1 9.63 9.82 10.2 10.1 10.16 9.09 10.36 9.8

 

La répartition des notes

2018 2019 2020
Note égale ou supérieure à 10/20 49,5% 57% 52,48%
Note comprise entre [10 et 12[ 24,70% 25,1% 24,98%
Note comprise entre [12 et 14[ 10% 17,3% 17,2%
Note comprise entre [14 et 16[ 4,96% 5,7% 5,7%
Note supérieure égale ou > à 16 9,91% 8,9% 4,6%

Note mini : 1/20

Note maxi : 20/20

Nombre de 20 : 1

Ecart Type : 3.26

 

Le rapport de jury de l’épreuve de Management EM Normandie/INSEEC 2020

Le sujet et l’esprit de l’épreuve

L’épreuve de Management et Gestion repose sur l’étude d’un cas d’entreprise. L’approche managériale reste au cœur de l’épreuve. Les candidats sont mis en situation de démontrer leur maîtrise des fondamentaux notionnels et méthodologiques relatifs au management et à la gestion en les appliquant aux caractères spécifiques de l’entreprise étudiée.

Le sujet porte sur l’entreprise Gosense, startup lyonnaise, spécialisée dans la conception et l’industrialisation de solutions de réalité augmentée sonore, destinées à faciliter la mobilité des personnes déficientes visuelles.

La TPE Gosense, créée en 2015, cherche à transformer sa réussite technologique en succès économique.

Le sujet est articulé en 5 dossiers amenant les candidats à appréhender notamment les options stratégiques de Gosense (dossier 1), les perspectives de développement des ventes (dossier 2), l’analyse des coûts partiels et du risque d’exploitation (dossier 3), et, dans le cadre de son projet de développement, les leviers de motivation des collaborateurs (dossier 4). Le dossier 5 permet d’analyser les apports de l’intelligence artificielle dans l’évolution du système d’information de l’entreprise.

Les candidats ont dû mobiliser leurs connaissances en management et sciences de gestion et également leurs qualités d’analyse des documents annexés pour les appliquer au cas de l’entreprise. La progressivité des questions a permis une discrimination satisfaisante entre les copies.

Les concepteurs ont souhaité ne pas réduire le travail des candidats à du repérage et de l’identification. Il reste primordial que les candidats mobilisent leur réflexion et leur créativité à partir des notions qu’ils ont acquises pour répondre à une situation (la réflexion managériale ne peut se limiter à l’utilisation des documents annexés).

 

Observations du jury

Les correcteurs ont pu constater l’hétérogénéité du niveau des candidats, tant dans la connaissance et la maîtrise du programme de Management et Gestion, que sur le plan de leur expression écrite.

Les meilleurs candidats ont traité l’ensemble des dossiers. Certaines copies, de grande qualité, respectent la méthodologie prenant appui sur des apports théoriques pour traiter les questions opérationnelles : ces candidats proposent une définition des concepts, une démarche structurée et rigoureuse qui témoigne d’une mobilisation de leurs savoirs et d’une exploitation pertinente des annexes au service de la situation proposée. Certains candidats traduisent une réelle aisance d’expression à l’écrit et mobilisent d’assez nombreux auteurs à bon escient.

A l’inverse les copies les plus faibles présentent de nombreuses défaillances : des notions inscrites au programme ECT sont inconnues ou mal maîtrisées. La qualité des réponses aux questions est insuffisante : réponses trop succinctes, partielles, insuffisamment argumentées et ne répondant parfois pas aux attendus des questions. Le dossier 3 a été le moins bien traité par les candidats bien que présentant peu de difficultés calculatoires. Certains candidats semblent avoir eu des difficultés dans la gestion des dossiers lors de l’épreuve.

Le jury déplore la faiblesse de l’orthographe et de la syntaxe pour de nombreux candidats. Cependant certains ont fait l’effort de présenter une copie bien écrite, aérée, insérant des tableaux de synthèse lorsque cela est pertinent et des analyses courtes mais précises démontrant une maîtrise méthodologique affirmée.

Le barème de la session 2020 a favorisé la bonne assimilation des connaissances de base dans les différents domaines du management et des sciences de gestion conjointement à la réflexion analytique. La répartition des points entre les 5 dossiers est équilibrée.

 

Remarques de correction

Dossier 1 : Les options stratégiques de Gosense

Le dossier 1 est relativement bien traité par la quasi-totalité des candidats.

Question 1.1

La définition du métier est moins bien maîtrisée que celle de la finalité.

L’identification du métier est traitée sans difficulté. Néanmoins des incohérences ont pu être observées sur l’énoncé des finalités (exemple : la finalité lucrative : l’entreprise cherche à réaliser un profit, c’est pourquoi elle a réalisé un CA de 260 000 euros). Généralement, deux finalités sur trois ont été retrouvées.

Question 1.2

La présentation a souvent été faite à partir du modèle des ressources d’E. Penrose.

– Les candidats se contentent d’identifier une ressource et démontrer en quoi c’est une force ou une faiblesse. Maintes fois ils ont écrit qu’un CA de 260 000 euros était une force or dans le dossier 3 on démontre qu’il induit une perte.

–  Ils confondent ressource financière et investissement en R&D (emploi).

–  Les compétences organisationnelles (Hamel et Prahalad) sont rarement mobilisées. Au mieux une analyse en termes de compétences managériales, technologiques et transversales est menée.

– La synthèse du diagnostic interne a rarement permis de conclure quant à l’avantage concurrentiel dégagé par l’entreprise.

Question 1.3 :

Globalement les candidats ont bien compris que le concepteur les amenait à travailler sur le concept de stratégies génériques au sens de Porter mais les stratégies choisies (focalisation ou différenciation) sont insuffisamment justifiées au regard du contexte.

D’autres sources d’erreurs ont été relevées :

–  Confusion focalisation et spécialisation (stratégie de groupe),

–  L’étude des 5+(1) de Porter,

–  L’étude de la matrice d’Ansoff.

Dossier 2 : Les perspectives de développement des ventes

Le dossier est relativement bien traité. Cependant, on constate trop de recopies d’annexes et une adaptation insuffisante des concepts au contexte de l’entreprise.

Question 2.1.

Certains candidats ont confondu politique de marque et plan de marchéage. Les qualités de la marque (analyse) n’ont quasiment jamais été proposées.

Les propositions des candidats sont trop souvent peu justifiées.

Questions 2.2. et 2.3

Les questions ont été relativement bien traitées, même si les candidats ont trop souvent fait appel à des exemples de cours (Bic, etc.) pour expliquer le concept et ne se sont pas assez appuyés sur le contexte Gosense ou bien ont directement recopié les annexes.

Question 2.4.

Les calculs de coûts contact ou de comparaison de coûts ont très peu été réalisés. Lorsque les aspects quantitatifs et qualitatifs ont été traités de façon complète, la conclusion a pu être bien argumentée.

Dossier 3 : L’analyse des coûts partiels et du risque d’exploitation

Ce dossier, bien que sans grande difficulté, a été discriminant. Le manque de rigueur et de recul s’observe ici : certains candidats ont parfois réussi à traiter la question 3.1 mais pas la question 3.3. et inversement.

Globalement, le sens des concepts et leur interprétation n’est souvent pas maîtrisée.

La nécessité de contrôler la pertinence ou la vraisemblance des résultats apparaît nécessaire. Trop de candidats ont abouti à un SR négatif sans s’interroger sur sa vraisemblance.

Questions 3.1, 3.2 et 3.3.

Trois difficultés principales ont été relevées : l’utilisation des données fournies en annexe, la rigueur dans les calculs et l’interprétation des résultats. La notion de risque d’exploitation est souvent mal maitrisée rendant l’analyse de la situation de l’entreprise insatisfaisante.

Question 3.4.

La question a été traitée sans utiliser la droite de résultat mais souvent par approximation démontrant d’une certaine capacité d’adaptation de la part des candidats.

Question 3.5.

La question concernant l’impact d’une commande supplémentaire sur le résultat global de l’entreprise a souvent été peu ou mal traitée.

Dossier 4 : Les leviers de motivation des collaborateurs

La motivation est un thème assez classique et le télétravail s’est trouvé au cœur de l’actualité. Le dossier paraissait relativement simple à appréhender mais a été traité de manière souvent superficielle.

Question 4.1.

La définition du concept clé de motivation a rarement été présentée. Lorsque Herzberg a été convoqué, les candidats ont eu beaucoup de mal à l’insérer dans une réponse structurée. Bien souvent, les composantes de la rémunération ont été présentées (partie fixe vs variable) sans orchestrer les éléments de réponse dans un développement prenant appui sur des auteurs notamment Herzberg.

Question 4.2.

La question a plutôt été bien traitée, sauf les conditions d’efficacité. Le lien avec l’actualité sur le télétravail n’est jamais présent.

Question 4.3.

Les actions à conduire ont globalement bien été comprises.

Question 4.4.

Les candidats ont proposé des idées intéressantes mais ont peu réfléchi aux contraintes associées.

Dossier 5 : Les apports de l’intelligence artificielle (IA) dans l’évolution du système d’information

Un dossier très actuel et permettant aux candidats ayant gardé du temps pour le traiter de gagner un certain nombre de points aisément.

Question 5.1.

Très souvent les candidats ont proposé une définition correcte du SI et ont négligé celle de l’IA. Parmi les sources d’intérêt, l’analyse des masses de données et l’amélioration de la relation client ont été citées et assez bien développées pour le Big Data.

Question 5.2.

La plupart des candidats ont rencontré des difficultés à associer l’IA à la définition des produits et/ou services de Gosense.

Question 5.3.
Deux limites mentionnées en annexe ont été correctement identifiées.

 

Conseils aux futurs candidats

Conseils portant sur le fond

‒ maîtriser les notions de base de l’ensemble du programme ECT, y compris des notions récentes en Sciences de gestion, travailler leurs enjeux afin de se constituer une culture managériale,

‒ bien cerner les mots clés des questions posées et les définir succinctement même si cela n’est pas demandé explicitement,

‒  étudier toutes les annexes avec attention,

‒  soigner la structure et la qualité des réponses : approfondir le niveau d’argumentation et de réflexion et traiter les enjeux liés au cas,

‒ mobiliser des auteurs et des modèles théoriques de manière pertinente en lien avec la situation proposée, ajouter dès que possible quelques éléments conclusifs en réponse à la question,

‒ accentuer la préparation aux questions de gestion financière afin de mieux connaitre le sens et les formules des concepts permettant ainsi une meilleure réalisation des parties calculatoires et de l’analyse des résultats obtenus,

‒ s’entrainer permettra de gérer efficacement son temps afin de traiter l’ensemble des dossiers.

 

Conseils portant sur la forme :

‒ porter une attention particulière à l’orthographe, la syntaxe et la lisibilité de l’écriture,

‒ soigner la présentation de la copie : mettre en évidence les éléments essentiels du raisonnement grâce au soulignement ou la présentation sous forme de tableau, aérer le contenu des réponses.

 

Nicolas Doan

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