Dissertation d’ESH : 10 auteurs qu’on peut toujours citer Dissertation d’ESH : 10 auteurs qu’on peut toujours citer
Pour réussir une dissertation d’ESH, le plus important reste de répondre au sujet. Si tu fais un plan cohérent qui répond à une problématique... Dissertation d’ESH : 10 auteurs qu’on peut toujours citer

Pour réussir une dissertation d’ESH, le plus important reste de répondre au sujet. Si tu fais un plan cohérent qui répond à une problématique intéressante, tu auras vraisemblablement la moyenne. Cependant, pour monter au-dessus de 16 en ESH, il est important de rendre une copie fournie et de citer judicieusement les auteurs de référence ainsi que les titres de leurs œuvres.

Nous te listons ici les 10 auteurs de référence que tu pourras citer dans la quasi-totalité des sujets car ils ont écrit sur beaucoup de sujets transversaux.

 

1. Adam Smith

Commençons ce top 10 des économistes à citer en dissertation d’ESH avec une grande figure du XVIIIè siècle : Adam Smith ! L’ouvrage de référence de cet auteur est Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations et a été publié en 1776. Tu peux ainsi citer Adam Smith et ce livre pour une multitude de sujets différents.

Par exemple, il est nécessaire de l’évoquer si tu dois parler de la division du travail, la valeur travail et plus largement son approche de la croissance. Selon l’économiste écossais, la véritable richesse des nations n’est pas l’accumulation de métaux précieux mais la production nationale. Ce sont les hommes producteurs de biens et services qui enrichissent un pays.

Tu dois également citer Smith sur un sujet quelconque sur le chômage. C’est le premier qui a bâti l’approche classique du chômage volontaire : les agents économiques choisissent librement après avoir arbitré entre travail et loisir.

Il est également utile pour un sujet sur le commerce international avec sa théorie des avantages absolus que tu peux expliquer rapidement.

 

2. David Ricardo

Le grand ouvrage de l’économiste classique David Ricardo est Principes de l’économie politique et de l’impôt, publié en 1817.

Comme dans le cas d’Adam Smith, Ricardo est une référence inévitable dans une dissertation d’ESH sur le commerce international. Son approche des avantages comparatifs est la première théorie libérale qui explique que toutes les économies ont un intérêt à abandonner toute politique protectionniste pour s’ouvrir au commerce extérieur.

Ricardo est très précieux sur un sujet concernant les évolutions du système monétaire international. En effet, Ricardo a défendu avec ferveur l’étalon-or car ce régime de change autorégulateur permet un rééquilibrage spontané de la balance des transactions courantes (BTC).

Enfin, Ricardo est un auteur incontournable sur tous les sujets qui tournent autour de la croissance. Avec sa théorie des rendements décroissants des facteurs de production, il est le premier à dire que la croissance économique va laisser place à un état stationnaire de l’économie.

 

3. Jean-Baptiste Say

Jean-Baptiste Say est le seul auteur frenchy de la liste mais il occupe une position centrale dans l’évolution de la pensée économique. Dans Traité d’économie politique (1803), il théorise la loi de l’offre et de la demande, qui est le fondement des paradigmes classique et néoclassique. Si toute offre créé sa propre demande, l’Etat n’a donc pas à s’immiscer dans la sphère économique : le marché fonctionne très bien seul.

Say est également le premier à avoir théorisé l’idée de neutralité de la monnaie. La monnaie n’est qu’un « voile » et n’a aucun impact sur la sphère de la production. Il est donc vain de chercher à augmenter la masse monétaire pour stimuler une économie ralentie.

 

4. Karl Marx

Karl Marx est le seul auteur classique qui n’est pas libéral : il ne croit pas dans le capitalisme de marché. Tu pourras citer son ouvrage principal Le Capital (1871) avant d’expliquer ses idées hétérodoxes.

Tu peux citer Le Capital dans un sujet autour de la croissance économique et/ou de l’avenir du capitalisme. En une phrase, Marx explique que le capitalisme n’est pas un système économique viable car l’accumulation de capital ne correspond pas à une augmentation de la richesse d’une nation.

De plus, les travailleurs étant aliénés par les capitalistes, ils ne sont pas maîtres de leur travail et vont finir par se révolter. Cette mobilisation du prolétariat va accélérer la marche inévitable de l’Histoire vers le communisme. Tu peux donc aussi utiliser Marx pour parler de la conflictualité entre classes sociales et des inégalités.

 

5. John Meynard Keynes

Keynes est un auteur très pratique en dissertation d’ESH car il a pratiquement traité tous les sujets dans sa Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, publiée en 1936.

Keynes est indispensable si un des sujets de concours porte sur la monnaie. Contrairement aux classiques et aux néoclassiques, il considère que la monnaie est endogène. Ce renversement implique de nombreuses remises en cause que nous n’allons pas évoquées ici.

Toujours sur le thème de la monnaie, Keynes est également un fervent défenseur de l’instauration d’une monnaie internationale à laquelle les monnaies nationales seraient reliées selon une parité ajustable. La parité fixe est trop dangereuse car elle contraint les pays en déficit commercial à faire un ajustement déflationniste (baisse des prix et des salaires) pour restaurer leur parité.

Keynes est également une étape nécessaire en ESH dans un sujet sur le chômage. Il renverse la théorie néoclassique du chômage en expliquant qu’il peut exister un  chômage involontaire sur le marché du travail, dû à un équilibre de sous-emploi.

Enfin, l’économiste de Cambridge est à citer dans un sujet sur le rôle de l’Etat dans l’économie. Il est le premier à dire que le marché ne peut pas s’autoréguler en période de crise. L’Etat doit donc soutenir l’économie avec des politiques de relances budgétaires pour stimuler le mécanisme du multiplicateur.

L’Etat doit également organiser un système de redistribution des revenus car les classes modestes ont une propension marginale à consommer plus fortement. Comme c’est l’augmentation de demande qui porte la croissance, il est efficace de donner plus de pouvoir d’achat aux classes plus pauvres.

Si tu veux réviser plus la théorie keynésienne, tu peux le retrouver ici un article plus exhaustif.

 

6. Milton Friedman

Friedman est un auteur très pratique pour parler de la réfutation des théories keynésiennes et du retour en force des théories libérales à la fin des années 1970. Tu peux citer The counter-revolution in monetary theory (1970) si tu parles d’un sujet autre que la politique monétaire. Dans ce cas précis, il est plus juste de citer The role of monetary theory (1968).

Friedman est un économiste important pour traiter de trois grands thèmes du programme d’ESH.

Premièrement, il croit en la capacité autorégulatrice du marché et est, par conséquent, opposé à toute intervention conjoncturelle de l’Etat. NB : attention, il n’est pas opposé à une intervention structurelle de l’Etat comme une bonne politique de la concurrence. En renouant avec la théorie de la neutralité de la monnaie, Friedman réfute l’efficacité des politiques de relance qui ne font qu’augmenter l’inflation. Il contredit donc aussi la courbe de Philipps.

Deuxièmement, l’économiste de l’école de Chicago est essentiel sur un sujet portant sur le chômage. Il soutient qu’il existe un taux de chômage structurel qu’il appelle aussi naturel. Plus les Etats régulent le marché du travail (présence d’un salaire minimum, de syndicats forts …), plus ce taux est élevé.

Troisièmement, Friedman est une référence pour traiter des avantages d’un système de changes flottants. Il permet un rééquilibrage des BTC par une variation des taux de change, sans affecter le niveau d’inflation interne des pays.

 

7. Robert Lucas

Dans Expectations and the neutrality of money (1972), Lucas dévoile la notion d’anticipations rationnelles. Selon cette théorie, les agents économiques sont toujours clairvoyants et comprennent qu’une politique de relance va créer de l’inflation. Ils modifient immédiatement leurs comportements, ce qui rend cette politique inefficace.

Lucas est également un des théoriciens phares de la croissance endogène. Avec Paul Romer et Robert Barro, il explique que la croissance est un phénomène auto-entretenu qui naît d’innovations. L’Etat doit intervenir de manière structurelle pour protéger ces innovations en créant par exemple des brevets.

 

8. Joseph Schumpeter

Schumpeter est un auteur à mobiliser sur un sujet autour de la croissance dans ta dissertation d’ESH. Dans Les cycles des affaires (1939), il assure que le progrès technique est la cause des cycles économiques. Ce phénomène de destruction créatrice explique aussi les variations du taux de chômage.

Il est également intéressant si tu dois parler de l’avenir du capitalisme, en citant Théorie de l’évolution économique (1912). L’économiste autrichien rejoint Marx en prétendant que le système capitaliste n’est pas viable, car les entreprises, devenues des mastodontes, vont freiner l’innovation. Sans entrepreneurs innovateurs, la croissance est condamnée.

Tu peux retrouver ici un article exhaustif sur Schumpeter si tu as besoin de te rafraîchir davantage la mémoire.

 

9. Ronald Coase

Ronald Coase est un autre auteur libéral prépondérant. Dans The nature of the firm (1939), Coase explique la naissance des entreprises. Sur les marchés, il existe des coûts de transaction pour signer tout contrat (temps de recherche …). Dans certains cas, il est préférable de choisir de produire soi-même, et donc de former une entreprise, plutôt que d’avoir recours au marché.

Coase est également un auteur de référence sur le thème de l’environnement. En bon libéral, il pense que le marché est le meilleur outil pour limiter les externalités négatives des entreprises. Il prône donc l’instauration de marché de quotas d’émission qui font intégrer aux firmes le coût environnemental dans leur calculs économiques.

 

10. Joseph Stiglitz

Pour conclure ce top 10 des économistes à citer en dissertation d’ESH, nous avons choisi Joseph Stiglitz. Prix Nobel d’économie en 2001, il s’agit du grand auteur contemporain qui critique le libéralisme et le capitalisme. Tu peux citer La grande désillusion (2002), un ouvrage assez général qui traite de tous les sujets suivants.

Stiglitz prétend que les marchés ne s’autorégulent pas puisqu’il existe des asymétries d’information (notamment sur les marchés financiers) qui créent des déséquilibres. Stiglitz prône donc un recul du marché et une forte intervention de l’Etat pour corriger tous ces dysfonctionnements.

L’économiste américain critique aussi les bienfaits de la mondialisation qui ont engendré une explosion des inégalités au sein des pays. Selon lui, c’est la progression des inégalités qui empêchent le retour de la croissance dans les PDEM (Pays développé à économie de marché).

Enfin, Stiglitz est utile dans un sujet sur l’Euro. Il était opposé à l’instauration d’une monnaie unique car elle empêche les pays de jouer sur leurs taux de change pour stimuler leur compétitivité.

Si tu veux réviser la pensée de Stiglitz, tu peux consulter cet article.

 

En connaissant déjà ces 10 auteurs sur le bout des doigts, tu es sur la bonne voie pour réussir tes dissertations d’ESH aux concours ! Si tu veux des informations particulières sur un auteur ou un thème, regarde nos autres articles sur le programme d’économie sociologie et histoire.

 

A savoir : Nous évoquons également certains de ces auteurs dans notre article sur L’histoire de la pensée économique qui pourrait t’aider pour ta dissertation d’ESH.

 

 

 

 

 

 

 

Juliette de Cordovez

Etudiante à HEC Paris