Rapport de jury – ESH ESSEC 2018 Rapport de jury – ESH ESSEC 2018
Tu peux retrouver le sujet de l’épreuve ici : ESH ESSEC 2018 – Sujet Et l’analyse là : ESH ESSEC 2018 – Analyse du... Rapport de jury – ESH ESSEC 2018

Tu peux retrouver le sujet de l’épreuve ici : ESH ESSEC 2018 – Sujet

Et l’analyse là : ESH ESSEC 2018 – Analyse du sujet

 

Les statistiques

1 883 candidats, 10,33 de moyenne (3,52 d’écart-type).

 

Le rapport

Le sujet : La mondialisation est-elle irréversible ?

Barème, attente du jury

Parmi les copies qui ont traité le sujet, celles qui se sont appuyées sur des connaissances correctes mais qui sont restées dans le “récit” ont été valorisées jusqu’à 13. Celles qui sont entrées réellement dans les mécanismes ont été valorisée jusqu’à 14. Les copies qui ont montré des qualités d’argumentation, de dynamisme et de nuance ont été valorisées au-dessus de 15.

Le principal caractère discriminant fut le traitement du sujet : en mettant la moyenne aux copies qui ont traité de l’irréversibilité de la mondialisation et non des bienfaits/méfaits éventuels. L’obtention de la moyenne nécessitait aussi un ancrage historique. En effet, les points de rapprochement entre la période actuelle et l’histoire des années 1870-1910 sont assez nombreux. Toutefois, les candidats qui ont traité de la dynamique de la mondialisation, sans mentionner de faits historiques précis, mais qui ont partiellement compris la dimension historique du sujet, ont tout de même pu être valorisés.

C’est un sujet dont le traitement requiert un ensemble de connaissances à la fois historiques et économiques, empiriques et théoriques. La mondialisation est un processus complexe avec le jeu des acteurs publics et privés et protéiforme puisqu’il ne doit pas être uniquement appréhendé au travers des seuls flux de biens et de services. Il faut aussi considérer ce processus au travers des flux d’investissements directs (IDE), étroitement liés aux firmes multinationales (FMN) et les flux financiers (si l’on ne veut pas uniquement caractériser la mondialisation comme un phénomène de l’économie réelle). La question posée : la mondialisation est-elle irréversible ?, nécessitait donc une analyse fouillée des mécanismes à l’œuvre. Pour traiter le sujet de façon satisfaisante, il fallait aussi proposer un plan astucieux, en évitant celui de répondre par l’affirmative à la question posée dans la première partie et par la négative dans la seconde (ou l’inverse).

 

Remarques de correction

25% environ des copies seulement ont traité le sujet en réfléchissant au terme irréductible, qui est souvent déformé: inéluctable, irrémédiable, immuable. Si l’idée du retour en arrière est évoquée en introduction, elle est le plus souvent oubliée ensuite et l’argumentaire s’oriente vers :

  1. Atouts du libre-échange (LE)
  2. Limites du LE / vertus du protectionnisme
  3. Bâtir une mondialisation équitable

ou

  1. Les atouts de la mondialisation
  2. Les défauts de la mondialisation
  3. Mais il faut la sauver quand même.

 

Les meilleures copies sont celles qui ont choisi pour plan :

  1. L’interconnexion croissante des économies rend irréversible a priori le processus
  2. Mais l’histoire montre le contraire (en insistant sur années 1890 et 1930)
  3. Il faut donc voir quelles réformes sont nécessaires pour rendre la mondialisation acceptable et pérenne. Ce 3 a l’inconvénient de mettre de côté les perdants de la mondialisation et les moyens de les indemniser. Parfois, assez souvent même, le 3 a été en fait la mondialisation n’existe pas, il n’y a qu’une régionalisation. Pour montrer que la période actuelle marquée par un fléchissement des degrés d’ouverture, n’est pas le début de la fin de la mondialisation, il fallait aussi développer des arguments sur les garde-fous de l’irréversibilité (Division Internationale des Processus Productifs (DIPP) et FMN, rôle des institutions internationales,…).

Donc peu de copies fondent un plan sur le sujet précisément posé, le problématisent autour de cette notion d’irréversibilité : retour en arrière certes, mais vers quoi ? Les meilleures arrivent à proposer un plan sur mesure et font une troisième partie sur la voie médiane en se risquant à une typologie des mondialisations à l’œuvre, inégalement attaquées; et les meilleurs sont aussi celles qui voient que « irréversible » a une connotation négative et s’interrogent sur ce désamour pour le capitalisme bienfaiteur.

 

Les meilleures copies ont des références récentes et exactes, ce qui n’est pas toujours le cas. Rodrik n’est pas présent souvent et pas toujours dominé non plus. Certains ont réfléchi intelligemment aux thèses des mondialistes ou aux amendements à la mondialisation Latouche, Sapir, Bhagwati, Ghemawat, …

Sur le plan formel les copies sont de bonne tenue mais les fautes d’orthographe sont toujours préoccupantes, même dans les bonnes copies.

Les graphiques ne sont pas toujours utiles et souvent donnent l’impression de copier-coller de cours, tout comme d’ailleurs les longs 1. a. sur les théories relatives aux gains liés au LE.

Assez peu de chiffres récents et maîtrisés, sur le commerce international et les investissements directs à l’étranger (IDE).

Très peu de mentions sur les aspects environnementaux, pourtant si la mondialisation est bien irréversible c’est sur ce point. La mondialisation n’est pas QUE le commerce international ou la finance mondialisée, il fallait aussi mentionner la dimension migratoire et/ou culturelle du sujet.

Tous les candidats ou presque répondent à la question en conclusion, et cela est plutôt nouveau et bien.

 

 

Conseils aux futurs candidats

Il est préférable que les candidats utilisent peu de références mais bien employées. Il en est de même des exemples à développer, des mécanismes à maîtriser, …

Les graphiques doivent être réalisés avec rigueur et précision.

Certaines copies sont des inventaires à la Prévert vaguement reliés au sujet sans qu’on sache, en fin de compte, ce que le candidat a compris et ce qu’il pense.

Les candidats doivent prendre le temps de relire leur copie. Cela permettra sans doute d’éviter un nombre trop important de fautes d’orthographe.

Cette année, les copies trop longues dépassant 12 pages ont été sanctionnées.

 

 

Flore Deghaye