Voici l’analyse de l’épreuve de LV2 (LVB) espagnol ELVi du concours BCE 2026, une épreuve essentielle pour tous les candidats aux grandes écoles de commerce. Elle est en effet prise en compte par l’ensemble des écoles de la BCE, avec un coefficient variable mais souvent déterminant.
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Analyse du sujet de LV2 (LVB) Espagnol ELVi 2026
NB : Tous nos corrigés/analyses sont rédigés sans IA, par des professeurs experts dans la matière, conscients des attendus du programme ECG/ECT.
I – COMPRÉHENSION : RÉSUMÉ ANALYTIQUE COMPARATIF
Le sujet était le suivant : ¿Cómo valoran estos dos textos la actitud de los políticos frente al cambio climático y sus consecuencias?
Analyse du document 1
Le premier article défend l’idée que l’Espagne, particulièrement vulnérable au changement climatique de par sa situation géographique, peine à voir des mesures adoptées dans un contexte d’erreurs et de stratégies politiques. L’article met en lumière les abandons des espaces forestiers, le sous-financement des services publics et l’incompétence des gouvernements.
L’auteur considère qu’un pacte d’Etat sur le climat serait la solution démocratique idéal. Cela consiste en un consensus politique transpartisan visant à séparer les politiques climatiques des conflits idéologiques pour agir durablement, indépendamment des partis au pouvoir. C’est d’ailleurs la solution que souhaitait privilégier Pedro Sánchez.
Si cette solution est présentée comme le plan A, elle n’est pas la plus adaptée pour l’auteur. En effet, face à la progression des idées climatosceptiques en Europe et la politique trumpiste, cette solution n’a pas beaucoup de chance d’aboutir. Emilio Santiago propose alors un plan B. Il suggère de renoncer à convaincre la droite actuelle et de concentrer ses efforts dans la formation d’un bloc politique progressiste favorable aux politiques de lutte contre le dérèglement climatique. Ce plan repose sur deux piliers : le premier consiste à faire de transition écologique un moteur de la modernisation économique, et le second en la mise en place d’un véritable plan historique, soutenu financièrement et institutionnellement.
Pour répondre à la question posée, on pouvait dégager les axes suivants :
- Le regard critique porté sur l’attitude des politiques
En effet, l’article critique l’attitude d’une partie des responsables politiques face au changement climatique. L’auteur considère que les catastrophes climatiques sont liées à de l’inaction, à des décisions inefficaces, et à l’abandon de certaines politiques environnementales. Les dirigeants qui minimisent le problème sont présentés comme des irresponsables.
- La polarisation autour de la question climatique
Emilio Santiago regrette l’impossibilité des partis à aboutir sur un véritable consensus transpartisan et national. Il accuse notamment les partis conservateurs et l’influence des idées trumpistes de freiner l’implémentation des mesures nécessaires. Il dénonce également l’impact des intérêts idéologiques et électoraux qui empêchent une réponse collective efficace.
- L’émergence d’un bloc climato-transformateur
L’auteur défend l’idée d’une transition écologique historique portée par un bloc progressiste uni qui en ferait la mesure prioritaire du XXIème siècle. Cette mesure mobiliserait toutes les institutions nécessaires et représenterait un réel investissement clé pour moderniser économiquement l’Espagne.
Analyse du document 2 :
L’article revient sur la dana, qui a frappé la région de Valence en octobre 2024. Un an après la catastrophe, l’auteur montre que le débat public reste monopolisé par les affrontements politiques entre le gouvernement espagnol (PSOE) et le Parti Populaire (PP), ainsi qu’entre les autorités nationales et régionales qui se renvoient mutuellement la balle.
L’article insiste sur les accusations mutuelles concernant la mauvaise gestion de la crise : retard des alertes, manque de coordination, réactions inadaptées et instrumentalisation politique de la tragédie. Les victimes et une partie de l’opinion publique réclament notamment la démission du président régional Carlos Mazon.
L’article montre comment une catastrophe naturelle devient l’objet d’un conflit politique entre les autorités régionales, accusées d’avoir tardé à alerter la population et le gouvernement central critiqué pour son manque d’implication. Les dirigeants politiques apparaissent plus préoccupés par leur image et leur parti que par les victimes.
Pour répondre à la question posée, on pouvait distinguer les axes suivants :
- Une classe politique incapable de s’unir face à une catastrophe climatique
L’article critique les responsables politiques, leur division et leur logique permanente de confrontation. Au lieu de coopérer après une catastrophe exceptionnelle, le PP et le PSOE s’accusent mutuellement d’être responsables de la mauvaise gestion de la crise. Même un an après la dana, les tensions persistent. Ce cadre ne peut pas être favorable à l’émergence d’une réponse politique apaisée et constructive.
- Des défaillances et des responsabilités politiques
Des erreurs ont été commises par des autorités, comme le retard de l’alerte envoyée à la population alors qu’il était déjà trop tard et que certaines zones étaient déjà inondées. Le gouvernement de la région de Valence est particulièrement visé en raison de sa compétence à alerter ses habitants. Le pouvoir central est également critiqué pour son inaction durant la crise. La responsabilité est partagée et les conséquences liées à cette mauvaise coordination entre niveaux de pouvoir sont lourdes.
- Une condamnation de l’instrumentalisation politique
Chaque parti cherche à tirer profit de la catastrophe en utilisant les accusations pour affaiblir leurs adversaires voire demander des démissions. Cette instrumentalisation est particulièrement choquante face à l’ampleur de la catastrophe. Les manifestations et les réactions des victimes et de leur famille traduisent une forte perte de confiance envers les responsables politiques.
II – EXPRESSION PERSONNELLE : ESSAI ARGUMENTÉ
Le sujet était le suivant : ¿De qué forma podría España limitar los riesgos ambientales?
Ce sujet invitait à réfléchir à la manière dont l’Espagne peut réduire sa vulnérabilité environnementale. Les meilleures copies sont celles qui ont su dépasser le constat climatique et analyser les conditions politiques, économiques et sociales qui rendent une politique environnementale efficace.
On pouvait dans un premier temps prendre appui sur les document 1, 2 et 3 pour rappeler que l’Espagne est particulièrement exposée aux conséquences du changement climatique (canicules, la dana, …). La menace est déjà là, elle est structurelle et elle transforme déjà la société espagnole. Le risque environnemental est également social, car certaines populations sont plus touchées que d’autres comme le rappelle le document 3. Les principales victimes sont les personnes âgées, isolées ou vivant dans des logements précaires. Limiter les risques environnementaux passe donc aussi par le renforcement de politiques publiques de santé, de logement ou d’aménagement urbain (adaptation des villes aux fortes chaleurs via les espaces verts, la limitation du béton, …). On pouvait également illustrer cela en parlant de la mise en place d’abris climatiques dans le nord de l’Espagne où des bâtiments publics sont utilisés comme refuge en cas de forte chaleur.
Les documents du corpus nous poussaient également à une réflexion autour d’un obstacle majeur : un obstacle politique. En effet, les sociétés démocratiques éprouvent des difficultés à répondre à des problèmes long terme. La lutte environnementale entre en conflit avec les logiques électorales et idéologiques. L’Espagne ne pourra limiter ses risques environnementaux qu’à condition de construire une forme de consensus dépassant la logique partisane.
On pouvait également prendre appui sur le document 5 pour parler de la transition énergétique et défendre son accélération. Souvent pensée comme une contrainte, elle pouvait aussi être présentée comme une opportunité stratégique. La situation géographique de l’Espagne la dote de conditions favorables au développement de l’énergie solaire et de l’énergie éolienne. De plus, la crise environnementale oblige les Etats à moderniser leur économie, comme le rappelait le document 1.
Enfin, les candidats pouvaient évoquer un point de tension majeur : un pays ne peut pas seul résoudre les problèmes environnementaux. Le document des Nations Unies sur la désertification ouvre vers une réflexion plus globale. Les risques environnementaux ne connaissent pas de frontières. Les solutions passent donc nécessairement par une coopération internationale, notamment au sein de l’Union européenne. Cependant, les intérêts individuels des Etats rendent cette coopération souvent lente et conflictuelle.
III – TRADUCTION (thème)
Le sujet présentait du vocabulaire classique pour un étudiant en classe préparatoire. Le changement climatique est un sujet très classique ! Le thème présentait des tournures très classique qu’il fallait reconnaître et traduire correctement.
Tu trouveras ci-dessous un corrigé détaillé avec les difficultés et une proposition de traduction pour chacune des phrases.
« Cette année, l’Espagne a souffert de son été le plus chaud depuis le début des relevés en 1961, avec une température moyenne de 24,2 °C, selon l’agence météorologique nationale. »
Difficultés :
- Le choix du temps est une difficulté dès le début. On a « cette année » qui nous pousse à choisir le passé composé, car on parle bien de l’année en cours. Mais le passé simple est tentant. Le texte est publié en octobre, l’été est fini. L’usage du passé simple sera probablement peu voire pas sanctionné. Par souci de rigueur, on privilégie le passé composé ici donc ha sufrido. On montre ainsi au correcteur qu’on connaît bien la règle et on ne prend aucun risque.
- « Un été chaud » présentait une difficulté de vocabulaire. On ne parle pas de verano caliente, mais de verano caluroso. Caliente s’emploie pour parler d’un objet ou d’un corps chaud. Caluroso est la chaleur au sens climatique.
- « L’été le plus chaud » exigeait de la rigueur dans la traduction. Attention à NE PAS écrire el verano EL más caluroso ! Très grosse faute en espagnol sur une tournure classique.
- « Agence météorologique nationale » : on pouvait s’aider de la suite du texte qui évoque Aemet pour Agencia Estatal de Meteorología. Ce n’était pas évident à deviner mais peut-être certains auront fait le lien entre le E de Aemet et le E de estatal
Traduction proposée : Este año, España ha sufrido su verano más caluroso desde el inicio de los registros en 1961 con una temperatura media de 24,2°C según la Agencia Estatal de Meteorología.
« Le pays a enduré une canicule record de seize jours en août, qui a alimenté des incendies de forêt ayant tué quatre personnes et brûlé des centaines de milliers d’hectares. »
Difficultés :
- « Endurer » se traduit par padecer. Endurar existe même s’il est moins utilisé. Ici, c’est daté et révolu (« en août ») : on choisit donc le passé simple
- « Canicule » se dit ola de calor
- « Ayant tué (…) et brûlé » : le participe présent se traduit ici par une relative pour bien rendre le sens. Un gérondif (matando y quemando) aurait pu être accepté aussi puisqu’on est dans la simultanéité.
Traduction proposée : El país padeció una ola de calor récord de dieciséis días en agosto, que alimentó incendios forestales que mataron a cuatro personas y quemaron cientos de miles de hectáreas.
« Neuf des dix étés les plus chauds en Espagne depuis 1961 ont eu lieu au cours du XXIe siècle, selon l’Aemet. »
Difficultés :
- « neuf des dix étés » a une forme toute prête en espagnol qui est nueve de LOS diez veranos
- « Avoir lieu » est un grand classique des thèmes. Ici on le traduit par tener lugar
Traduction proposée : Nueve de los diez veranos más calurosos en España desde 1961 tuvieron lugar durante el siglo XXI, según la Aemet.
« Bien que coutumière des températures élevées, l’Espagne est confrontée à des épisodes de chaleur de plus en plus nombreux et rapprochés, parfois en dehors des mois d’été, ce qui inquiète les scientifiques. »
Difficultés :
- « bien que » est une tournure classique des thèmes et invite à la vigilance. Ici, on est dans le réel et donc on privilégie aunque + indicatif
- « de plus en plus » est également une tournure classique. On la traduit par cada vez más
- « Rapprochés » pouvait être complexe à traduire. On pouvait alors prendre une petite liberté par rapport au texte et choisir frecuentes ou alors rester fidèle mais moins idiomatique en choisissant cercanos ou seguidos
Traduction proposée : Aunque está acostumbrada a las altas temperaturas, España se enfrenta a episodios de calor cada vez más numerosos y cercanos / frecuentes, a veces fuera de los meses de verano, lo que preocupa a los científicos / lo que tiene a los científicos preocupados.
« Ils alertent depuis des années sur l’impact du changement climatique sur les vagues de chaleur, les sécheresses et d’autres phénomènes météorologiques extrêmes, de plus en plus intenses et fréquents. »
Difficultés :
- Llevar + gérondif était à privilégier pour traduire « ils alertent depuis des années ». C’est vraiment LA tournure idiomatique
Traduction proposée : Llevan años alertando sobre el impacto del cambio climático en las olas de calor, las sequías y otros fenómenos meteorológicos extremos, cada vez más intensos y frecuentes.
On espère que cette épreuve de LV2 espagnol s’est bien passée pour toi et on te souhaite bon courage pour la suite !
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