Dolores Ibárruri, plus connue sous le nom de La Pasionaria, est une grande figure de l’histoire politique espagnole. Son nom est indissociable de la guerre civile espagnole et du célèbre slogan ¡No pasarán!, devenu un symbole de la résistance antifasciste. S’intéresser à ce type de personnalité est particulièrement pertinent pour enrichir une copie ou un oral. Au-delà des faits d’actualité, convoquer une figure historique comme Dolores Ibárruri permet de montrer une vraie culture politique et d’illustrer concrètement des notions comme l’engagement, la lutte contre le fascisme ou la place des femmes en politique. Autant d’angles qui peuvent faire la différence le jour des concours !
Qui est Dolores Ibárruri ?
Dolores Ibárruri Gómez, née en 1895, est une militante et femme politique espagnole, symbole de la lutte antifasciste. Également connue sous le nom de La Pasionaria, cette militante grandit dans un milieu ouvrier et connaît très tôt des conditions de vie difficiles.
Huitième d’une fratrie de onze enfants, Dolores Ibárruri rêve de devenir institutrice. Mais ses parents ne pouvant se permettre de lui payer des études, elle deviendra femme de ménage.
En 1916, elle se marie à Julián Ruiz, mineur et militant socialiste. Elle partage avec lui une existence marquée par la précarité, l’engagement politique et la répression. Le couple a six enfants, mais seulement deux survivent jusqu’à l’âge adulte. De son côté, son mari est régulièrement emprisonné pour ses activités militantes.
Ces épreuves personnelles, loin de freiner Dolores Ibárruri, nourrissent son engagement politique et renforcent sa détermination.
Son engagement politique
Introduite dans les milieux militants par son mari, Dolores se forme intellectuellement en lisant des ouvrages, notamment ceux de Karl Marx. En 1918, elle publie son premier article dans la presse ouvrière, « El Minero Vizcaíno », qu’elle signe pour la première fois sous le pseudonyme de La Pasionaria. Cette formation intellectuelle la conduit à participer à la fondation du Parti communiste espagnol (PCE) en 1920.
Puis, installée à Madrid, elle devient responsable du journal du Parti communiste, Mundo Obrero, et se distingue par la force de ses écrits et ses prises de position. Toutefois, elle se fait également remarquer par ses opposants. Elle devient étroitement surveillée et arrêtée pour la première fois en septembre 1931.
Mais même en prison, l’engagement politique de Dolores Ibárruri est sans faille. Elle persuade par exemple ses codétenues d’entamer une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention.
Une figure centrale du combat antifasciste et de la guerre d’Espagne
En 1933, Dolores Ibárruri fonde l’organisation Mujeres Antifascistas, mobilisant les femmes contre le fascisme et la guerre. Mais, un an plus tard, cette organisation se transforme en protection des enfants d’ouvriers devenus orphelins. Dolores prend de gros risques pour faire passer clandestinement des enfants vers Madrid.
C’est cependant la guerre civile espagnole (1936-1939) qui marque l’apogée de son rôle politique. Son slogan ¡No pasarán! (« Ils ne passeront pas ! ») devient le cri de ralliement des républicains face aux nationalistes franquistes, faisant d’elle un symbole international de la lutte antifasciste.
Exil et poursuite de son combat politique
Après la victoire franquiste et l’entrée des troupes nationalistes à Madrid en 1939, Dolores Ibárruri s’exile en Union soviétique. Elle y poursuit son engagement au sein du Parti communiste espagnol, malgré de nouvelles tragédies personnelles, notamment la mort de son fils lors de la bataille de Stalingrad en 1942.
Cette même année, Dolores Ibárruri devient secrétaire générale du PCE, avant d’en devenir présidente en 1960. Elle est alors la première femme à diriger un parti politique national en Espagne.
Son exil est ainsi marqué à la fois par la douleur personnelle et par une responsabilité politique majeure.
Son retour en Espagne
À la mort de Franco en 1975, Dolores Ibárruri peut finalement rentrer en Espagne. Elle est élue députée aux Cortes, plus de quarante ans après sa première élection en 1936, incarnant ainsi la continuité de la mémoire républicaine et antifasciste.
Elle s’éteint le 12 novembre 1989, à l’âge de 93 ans, laissant derrière elle l’image d’une femme politique majeure du XXᵉ siècle espagnol.
Conclusion
Dolores Ibárruri est une figure essentielle pour comprendre l’engagement politique au XXᵉ siècle. Elle incarne à la fois le militantisme, la lutte antifasciste et l’irruption des femmes dans la sphère politique. Aux concours, la citer permet d’aller au-delà de l’actualité immédiate, d’ancrer une réflexion dans l’histoire et de montrer une culture politique précise.
Quelques mots de vocabulaire
Un(e) activista = un(e) militant(e)
El activismo = le militantisme
Un compromiso político = l’engagement politique
La esfera política = la sphère politique
Una huelga de hambre = une grève de la faim
Un lema = un slogan
El liderazgo femenino = le leadership féminin
La lucha antifascista = la lutte antifasciste
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