Trump

Nous allons analyser les principales caractéristiques des relations diplomatiques qu’entretiennent Donald Trump et les présidents de l’Amérique latine. En effet, si certains dirigeants latino-américains voient Trump comme un leader inspirant et un allié, d’autres le considèrent comme un adversaire ou une menace. Nous examinerons aussi les cas les plus marquants, pays par pays. La politique étrangère impactant l’Amérique latine est un sujet qui revient régulièrement à l’oral ou à l’écrit, il est donc important d’avoir des connaissances à ce propos !

Les relations historiques entre les États-Unis et l’Amérique latine

Dans une perspective historique, les relations entre les États-Unis et l’Amérique latine ont longtemps été marquées par un fort déséquilibre. Au XXe siècle, de nombreux pays latino-américains se sont retrouvés sous le joug économique et politique de Washington, avec la toute-puissance d’entreprises, comme la United Fruit Company, ou l’ingérence américaine dans les affaires intérieures (soutien pour des coups d’État, financement de régimes favorables aux intérêts nord-américains).

À partir des années 2000, un tournant progressif s’opère. Sous Barack Obama, les États-Unis initient un mouvement d’ouverture, avec notamment le rapprochement historique avec Cuba en 2014. Joe Biden, dans la continuité, a privilégié le dialogue, même si son action est restée plus discrète.

Le tournant Trump dans la diplomatie américaine

Une rupture avec Obama et Biden

L’arrivée de Donald Trump marque une rupture avec la tendance précédente. Son slogan « America First » s’est traduit par une diplomatie transactionnelle et unilatérale. En effet, Trump privilégie les accords bilatéraux et les affinités idéologiques avec certains dirigeants, renouant ainsi avec une logique d’affirmation de puissance beaucoup plus directe.

Les thèmes centraux de la politique trumpienne

La position de Trump vis-à-vis des présidents latino-américains s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, il y a une forte volonté de réduire l’immigration, surtout en provenance du Mexique et de l’Amérique centrale.

Par ailleurs, le commerce est utilisé comme un levier de pression (renégociation de l’ALENA, menace de nouveaux tarifs douaniers). S’y ajoute une opposition idéologique forte à la gauche latino-américaine, notamment face au Venezuela et à Cuba. Enfin, Trump priorise la sécurité, en coopérant avec les pays engagés dans la lutte contre le crime organisé et les cartels.

Les conséquences et implications de la politique de Trump

La politique de Trump a accentué les clivages régionaux. En effet, elle a conforté les dirigeants de droite et fragilisé les régimes de gauche, en exacerbant la logique de blocs. Sur le plan économique, sa stratégie a rappelé la dépendance structurelle de l’Amérique latine vis-à-vis du marché nord-américain.

Géopolitiquement, son unilatéralisme a montré que Washington restait incontournable, mais au prix d’une relation plus instable et plus imprévisible pour ses voisins du Sud.

Études de cas : Trump et les dirigeants latino-américains, pays par pays

Relations diplomatiques tendues

Le Mexique

Sous la présidence d’Andrés Manuel López Obrador (AMLO), élu en 2018, les relations avec Trump ont été tendues, mais pragmatiques. Trump a fait du mur frontalier son cheval de bataille, mais AMLO a évité l’affrontement direct. Plutôt que de s’opposer frontalement, il a cherché à maintenir un dialogue pour préserver les intérêts économiques du Mexique.

Ce fut le cas lors de la renégociation de l’ALENA, devenu l’USMCA en 2020. AMLO a accepté plusieurs concessions, notamment sur l’industrie automobile, afin de garantir la stabilité commerciale avec les États-Unis, premier partenaire économique du pays. La relation fut néanmoins émaillée de tensions en 2019, lorsqu’une publicité de campagne de Trump a diffusé des images assimilant les migrants mexicains à des criminels, provoquant l’indignation au Mexique.

Avec Claudia Sheinbaum, élue en 2024, les frictions se poursuivent. La vision impérialiste de Trump, comme en témoigne sa prise de parole controversée visant à renommer le « Golfe du Mexique » en « Golfe d’Amérique », a poussé la présidente mexicaine à réagir. Sheinbaum adopte toutefois une posture nuancée : elle critique le discours de Trump, mais coopère sur des sujets sensibles, comme la limitation du trafic d’armes et la gestion des flux migratoires. Cette ambivalence reflète le dilemme du Mexique : affirmer sa souveraineté tout en ménageant un voisin incontournable.

Le Venezuela

La relation entre Trump et Nicolás Maduro s’inscrit dans un contexte de crise profonde au Venezuela, et ce, depuis 2014. Maduro accuse régulièrement les États-Unis d’être responsables de cette situation, en pointant les sanctions économiques imposées par Washington.

Sous Trump, l’affrontement s’est intensifié. En janvier 2019, il reconnaît officiellement l’opposant Juan Guaidó comme président légitime du Venezuela. Sont alors mises en place de lourdes sanctions contre la compagnie pétrolière nationale PDVSA et les avoirs du pays sont gelés aux États-Unis. L’objectif est d’affaiblir Maduro afin d’initier une transition politique.

En sus, sous l’égide de Marco Rubio, le gouvernement étasunien a intensifié les actions contre les groupes criminels vénézuéliens, désignant certains comme des organisations terroristes étrangères. Des déportations de membres présumés de gangs vers un centre de détention au Salvador ont eu lieu, en vertu d’un accord avec ce pays.

Cuba

Trump a rapidement mis fin au rapprochement amorcé par Barack Obama. Il a rétabli des restrictions sur les voyages et les transferts d’argent, tout en renforçant l’embargo. Ceci accentue la crise dont Cuba fait l’expérience.

En réponse, Miguel Díaz-Canel, successeur de Raúl Castro, dénonce une politique « d’asphyxie ». Il accuse Washington de chercher à provoquer un changement de régime.

Convergences diplomatiques

Le Salvador

Trump et Nayib Bukele entretiennent actuellement l’une des relations les plus étroites de la région, fondée sur une logique de « hard policy » migratoire et sécuritaire. En 2025, les deux pays ont conclu un accord : Washington verse à San Salvador environ six millions de dollars pour que le Salvador emprisonne des migrants ou des individus ciblés par les États-Unis dans le centre de confinement du terrorisme (CECOT).

Le rapprochement entre Trump et Bukele illustre la logique d’alliances fondées sur l’affinité politique plutôt que sur les institutions multilatérales. En effet, cette coopération s’explique par une forte proximité idéologique entre les deux leaders. Ils assument un style populiste et autoritaire. Trump voit dans Bukele un modèle de fermeté sécuritaire, notamment avec sa politique d’incarcération de masse qui a réduit l’influence des gangs salvadoriens. De son côté, Bukele profite de l’appui américain pour légitimer sa stratégie et consolider son image d’homme fort.

L’Argentine

Durant toute sa campagne électorale, Javier Milei a été comparé à Trump, au point d’être surnommé le « Trump d’Amérique latine ». Son style provocateur et son discours antisystème rappellent en effet la rhétorique trumpienne. Leur alignement repose sur une même vision idéologique : ultralibéralisme économique, rejet du multilatéralisme et affirmation d’un pouvoir exécutif fort.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Milei, les deux dirigeants ont affiché leur proximité. Trump a publiquement apporté son « soutien total » à Milei, saluant sa volonté de libéraliser l’économie. Milei a cherché un appui financier et diplomatique à Washington en renforçant la coopération bilatérale.

Le Costa Rica

Depuis 2025, le Costa Rica est de plus en plus présenté par les États-Unis comme un allié en Amérique latine. Lors de sa visite à San José, le secrétaire d’État, Marco Rubio, a salué les choix de Rodrigo Chaves, notamment la décision de limiter l’accès aux marchés 5G aux fournisseurs de confiance, ce qui exclut implicitement les entreprises chinoises. Il a aussi offert l’assistance américaine dans la lutte contre le narcotrafic, qui est en hausse ces derniers temps au Costa Rica.

Attention, cependant, à nuancer dans tes khôlles et tes essais. Rodrigo Chaves doit en effet composer avec une démocratie costaricienne très institutionnalisée. Son positionnement montre qu’il a choisi de tirer parti du soutien américain pour renforcer sa légitimité sur les dossiers sensibles.

Conclusion

Évidemment, d’autres exemples de pays auraient pu être mentionnés. Par exemple, il y a quelques mois, entre Trump et le gouvernement panaméen. Le cas de la souveraineté du canal de Panama a fait des étincelles. En Équateur, Daniel Noboa s’est lui aussi rapproché du président conservateur en ayant ratifié deux accords de coopération militaire.

Finalement, la politique de Trump en Amérique latine a produit des effets contrastés. D’une part, elle a apporté un soutien économique et a relancé la coopération sécuritaire dans certains pays. D’autre part, elle a exacerbé la dépendance vis-à-vis de Washington et accentué les divisions idéologiques de la région.

Tu sais désormais comment analyser les relations bilatérales diplomatiques entre Trump et les dirigeants en Amérique latine ! Pour les concours, ce thème est une excellente illustration de la rivalité des grandes puissances et des dilemmes de souveraineté nationale en Amérique latine.