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Depuis plusieurs mois, le Venezuela fait la une de l’actualité. Tu ne l’auras pas loupé, Donald Trump n’épargne pas le pays, que ce soit avec l’embargo qu’il a imposé il y a peu de temps ou les navires que l’armée américaine a interceptés. Dans cet article, nous allons décortiquer les actions de Donald Trump, ses intentions, mais aussi la réaction du Venezuela et de ses alliés, notamment la Russie. Effectivement, les idées politiques des gouvernements américain et vénézuélien divergent, c’est pourquoi nous allons voir les enjeux politiques de cette escalade au large du Venezuela et en mer des Caraïbes. Cependant, l’actualité ne cesse d’évoluer, alors renseigne-toi de ton côté pour te mettre à jour !

Les États-Unis au Venezuela ces derniers mois

Les attaques en mer des Caraïbes

C’est le 2 septembre 2025 que l’escalade, lancée par les États-Unis, a commencé, et l’administration Trump n’a pas lésiné sur les moyens. 15 000 hommes, avions de chasse, bombardiers et navires de guerre, dont le plus gros porte-avions du monde, ont été mis en place.

On recense aujourd’hui 105 morts depuis début septembre et deux navires arraisonnés par les États-Unis. Mais l’actualité foisonne, alors renseigne-toi davantage si le sujet t’intéresse et met tes chiffres à jour. Le 2 septembre, des tirs américains ont fait 11 morts au large du Venezuela, dans l’Est du Pacifique et les Caraïbes. L’État américain les accuse de trafic de drogue. Seulement, personne n’a de preuves selon lesquelles les personnes tuées et les navires interceptés étaient engagés dans un tel trafic.

Un embargo sur le pétrole

Le 16 décembre, l’administration Trump a annoncé un blocus sur le Venezuela. Ce blocus consiste en des sanctions pour les pétroliers en provenance ou à destination du Venezuela. Les réserves de pétrole vénézuéliennes sont en effet les plus grandes du monde. Dix jours avant la mise en place par Trump de cet embargo, la Maison-Blanche avait saisi un pétrolier en mer, en provenance d’Iran. En 2019, les États-Unis avaient déjà mis en place un embargo sur le Venezuela à la suite de la réélection contestée de Maduro.

María Corina Machado et le prix Nobel de la paix

María Corina Machado est une femme politique vénézuélienne. Elle est connue pour être une fervente opposante à Hugo Chávez, puis à Nicolas Maduro. Elle est aussi reconnue dans son pays pour être une figure de la droite radicale vénézuélienne. Machado reçoit, le 10 décembre 2025, le prix Nobel de la paix pour son « combat en faveur de la démocratie ». Ne pouvant pas être présente à la cérémonie, c’est sa sœur qui a récupéré le prix à Oslo, en Norvège.

En effet, comme elle s’oppose au régime de Maduro, elle vit depuis 2024 dans la clandestinité. Elle est recherchée par la justice vénézuélienne pour « conspiration, incitation à la haine ». C’est grâce à une aide américaine qu’elle a pu arriver en Norvège, clandestinement, le lendemain de la cérémonie.

María Corina Machado joue un rôle important dans le contexte actuel de rivalités entre États-Unis et Venezuela, car ses idées politiques sont proches de celles du président américain. De plus, elle a dédié son prix Nobel à Donald Trump et soutient avec ferveur les actions de l’administration Trump en mer des Caraïbes et en opposition au Venezuela. Effectivement, pendant une conférence de presse, lors de sa réapparition en public après presque un an à fuir la justice vénézuélienne, elle a dénoncé « l’invasion » des agents russes au Venezuela.

Attaques américaines : le Venezuela, l’arrière-cour des États-Unis ?

Finalement, les évènements récents renvoient explicitement à l’expression de Maduro selon laquelle le président américain a une attitude impérialiste envers le Venezuela. Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, des explosions ont eu lieu à Caracas. Donald Trump a annoncé que les États-Unis dirigeraient à partir de cette date l’État jusqu’à ce qu’« une vraie transition puisse avoir lieu ».

Cependant, au Venezuela, c’est la Première ministre, Delcy Rodriguez, qui assume maintenant l’intérim des pouvoirs. De plus, Maduro et sa femme ont été capturés par l’armée américaine et ramenés vers Brooklyn. Il a été entendu le 5 janvier dernier pour « conspiration narcoterroriste ». Cette situation fait donc penser à l’expression « arrière-cour » qui désignait, pendant la Guerre froide, le fait que les États-Unis intervenaient en Amérique latine afin d’imposer leur régime politique face à l’URSS.

Cet article Del Pais reprend un traité qui a été signé par plusieurs pays contre les « actions unilatérales effectuées au Venezuela ».

L’objectif de Trump est-il réellement clair et assumé ?

Donald Trump justifie ses actions par la lutte contre le trafic de drogue et les narcotrafiquants. Il accuse le régime de Caracas, et précisément Maduro lui-même, d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic. Il justifie de cette manière les interceptions de navires. Cependant, les frappes sont mortelles et les moyens déployés sont contestés à échelle internationale. Par ailleurs, l’administration Trump ne donne pas vraiment de version officielle, justifiant l’embargo sur le pétrole par la lutte contre « le narcoterrorisme, la traite d’êtres humains, les meurtres et les enlèvements ».

Le déploiement de navires de guerre est justifié par le fait que, selon la Maison-Blanche, le régime vénézuélien utilise le pétrole pour financer le narcoterrorisme. En s’attaquant au pétrole, on peut aussi y voir un moyen d’étouffer économiquement le régime de Maduro. Enfin, l’arrestation de Maduro et les frappes sur Caracas marquent clairement un tournant dans l’escalade : Trump attaque directement sur le sol vénézuélien, mais toujours en se justifiant par la lutte contre le trafic de drogue, malgré le fait que les passages de drogues soient beaucoup plus fréquents côté Pacifique que côté Caraïbes, comme l’en informe l’Administration américaine pour le contrôle des drogues.

Et c’est là que les lignes se floutent : Trump cherche-t-il plutôt à lutter contre le trafic de drogue, à affaiblir le régime de Caracas ou à mettre la main sur le pétrole vénézuélien ? Ainsi, l’objectif de Donald Trump n’a pas toujours clair, d’autant plus que ses actes et paroles ne sont pas toujours approuvés au sein de son propre parti politique, des autres partis et pays.

L’avis du Venezuela

Pour Maduro, l’objectif de Donald Trump est plus de démonter son régime que de lutter contre le trafic de drogue. Selon lui, l’administration Trump veut aussi s’emparer du pétrole vénézuélien. C’est une attitude impérialiste pour Maduro, car les États-Unis chercheraient à s’approprier les ressources vénézuéliennes. Il a plaidé non coupable lors de son audience.

Le rôle de la Russie et des États proches du Venezuela

Un traité bilatéral

Le 18 septembre 2025, la Russie et le Venezuela ont renforcé leur alliance stratégique. Ils avaient signé un premier accord en mai 2025 : le Traité de Partenariat Stratégique. La visée de cet accord couvre la coopération politique, économique et militaire, et ce, jusqu’en 2035. L’objectif de ce renforcement est de contrer les sanctions et ingérences américaines actuelles.

En effet, le 11 décembre, Poutine a annoncé son soutien politique au chef du gouvernement vénézuélien. Les deux présidents se soutiennent, par exemple lors de prises de décisions à l’ONU. Ainsi, cet accord renforce l’influence russe en Amérique latine. Et ce geste s’inscrit dans un contexte d’escalade entre les États-Unis et le Venezuela, lancée par l’offensive américaine. L’objectif du soutien mutuel est aussi celui d’arriver à un monde plus multipolaire.

De plus, en septembre 2025 a déjà eu lieu des exercices militaires russes au Venezuela, ce qui montre que les deux collaborent étroitement.

Les autres États qui soutiennent le Venezuela

La Chine soutient aussi le Venezuela. Elle soutient la souveraineté vénézuélienne et rejette les actes américains. Bien que son soutien ne soit pas militaire, la Chine reste une puissance essentielle, proche du Venezuela.

Cuba est également un allié du Venezuela. Effectivement, cet État dépend grandement du Venezuela pour ses importations de pétrole.

Récap’ des évènements

  • Fin août : déploiement de navires et d’hommes militaires par les États-Unis dans le sud des Caraïbes.
  • 2 et 12 septembre : attaque et naufrage de navires en provenance du Venezuela par les États-Unis.
  • 18 septembre : renforcement du traité bilatéral russo-vénézuélien.
  • 16 décembre : annonce d’un blocus sur le pétrole vénézuélien par les États-Unis.
  • 10 décembre : Machado, soutenant les États-Unis, reçoit le prix Nobel de la paix.
  • 11 décembre : Poutine annonce son soutien au gouvernement russe.
  • nuit du 2 au 3 janvier : frappes américaines sur Caracas et capture de Maduro.
  • 3 janvier : Delcy Rodriguez devient présidente par intérim du Venezuela.
  • 5 janvier : première comparution de Maduro et de sa femme, Cilia Flores.

Conclusion

Finalement, le Venezuela est-il un terrain d’affrontement entre États-Unis et Russie ?

Pour conclure, les différents évènements qui ont eu lieu ces derniers mois montrent clairement que les États-Unis veulent déstabiliser le régime vénézuélien. De plus, politiquement, les idées de Maduro se rapprochent plus de celles de Poutine que de celles de Trump.

Sans dire que le Venezuela est un terrain d’affrontement entre les États-Unis et la Russie, on peut constater que les idées politiques des dirigeants américain et vénézuélien divergent et que le Venezuela, faisant partie de l’Amérique latine, fait partie du spectre d’actions de Trump, rappelant la Doctrine Monroe.

Voilà un article de France 24 qui retrace les interventions américaines aux États-Unis depuis le milieu du XXe siècle.

Vocabulaire

  • Faire la une de l’actualité : ser noticia de primera plana
  • Lésiner sur : no escatimar en medios
  • Chasse gardée : patio trasero
  • N’en déplaise à… : con perdon de/aunque a … no le guste
  • Au large du Venezuela : frente a las costas de Venezuela
  • Diverger : divergir
  • Une escalade : una escalada
  • Bien que + subj : aunque + indi
  • Propulser au pouvoir : llevar al poder
  • Soutenir avec ferveur : apoyar con fervor
  • Conférence de presse : rueda de prensa
  • Déploiement de navires de guerre : despliegue de buques de guerra
  • En provenance/à destination : procedente de/con destino a
  • Jouer un rôle : desempeñar un papel
  • Prix Nobel de la paix : Premio Nobel de la paz
  • Attitude impérialiste : actitud imperialista
  • Conspiration narcoterroriste : conspiración narcoterrorista
  • Être à la tête de : encabezar
  • Marquer un tournant : marcar un antes y un después
  • Plaider non coupable : declararse inocente
  • La Doctrine Monroe : la Doctrina Monroe