économie

Pendant des siècles, le monde arabe a permis de réels progrès dans différents domaines. Du fait de leurs grandes innovations scientifiques, les pays arabes étaient parmi les plus avancés. Aujourd’hui, leur situation économique n’est plus aussi favorable qu’auparavant. La plupart des pays arabes sont des pays en développement qui connaissent des difficultés économiques. Cet article a alors pour but de retracer les tenants et les aboutissants de la situation économique actuelle dans le monde arabe.

Une situation économique affectée par des spécialisations peu créatrices de valeur

Tout d’abord, il faut analyser les spécialisations des pays arabes dans le commerce international. Cela permet de comprendre les fondements de leur modèle économique et leurs stratégies de développement

Les différentes régions du monde arabe ne sont pas toutes spécialisées dans les mêmes productions. Les pays du Golfe (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, etc.) sont en général spécialisés dans les hydrocarbures, comme le gaz et le pétrole. Ceux du Maghreb se concentrent davantage sur les matières premières non énergétiques. Le Maroc est par exemple spécialisé dans l’exploitation des phosphates (75 % des réserves mondiales).

Le secteur agroalimentaire dynamise également l’activité économique dans certains pays arabes. Les pays non producteurs de gaz et de pétrole (comme la Tunisie et l’Égypte) exportent des fruits et des légumes frais, des céréales et des produits transformés simples.

Enfin, les secteurs du tourisme, de la construction et de l’immobilier sont une source de revenus considérables pour certaines régions. La Coupe du Monde en 2022 au Qatar et celle de 2030 au Maroc redessinent les perspectives économiques des pays.

Quelles sont les conséquences de ces spécialisations sur la situation économique dans le monde arabe ?

En premier lieu, on observe que les exportations ne sont pas très diversifiées. En effet, les économies dépendent constamment de la valeur des matières premières. Toute variation du prix du pétrole ou du gaz a de grandes conséquences sur les revenus perçus. 

Les pays rentiers (comme l’Algérie) se heurtent alors à une volatilité économique et géopolitique. Puisque le cours des matières premières est instable, les prix sont plus à même de fluctuer. Les économies sont mal préparées à résister aux chocs externes.

De plus, ces spécialisations ne sont pas celles qui sont les plus susceptibles de profiter du progrès technique. Cela limite ainsi leur attractivité pour les investisseurs étrangers. D’autre part, les pays occidentaux se spécialisent dans des productions à haute valeur ajoutée qui profitent des bénéfices de l’IA et de la mécanisation.

Des décisions politiques peu efficaces

Nous savons que la situation économique actuelle des pays arabes s’explique nécessairement par leurs spécialisations. Mais à cela s’ajoutent des faits politiques historiques qu’il faut prendre en considération.

Cette dépendance de certains pays arabes (notamment d’Afrique du Nord) envers des pays occidentaux en ce qui concerne le commerce international trouve ses sources dans les manuels d’histoire.

Une situation économique fortement influencée par l’héritage de la colonisation

Cet article sur l’immigration dans les pays arabes t’expliquera plus en détail quels pays ont eu le plus d’influence sur la construction économique du monde arabe. Mais ce qui est à retenir est que les pays européens ont confiné les pays arabes dans un certain statut. Ils sont considérés comme les fournisseurs de matières premières et les simples consommateurs de biens manufacturés.

Voici quelques exemples : 

  • Lorsque l’Égypte était sous domination britannique, le pays était spécialisé dans la production de coton. Cela permettait au Royaume-Uni d’alimenter ses filatures et d’enrichir ses propres entreprises au détriment du peuple égyptien.
  • Les pays d’Afrique du Nord, qui étaient en grande partie sous domination de la France, étaient des greniers agricoles qui servaient la métropole. Près de 90 % du stock de blé, d’agrumes et de vin étaient transférés en France. La construction d’infrastructures était également dédiée aux exportations vers la France.

 

Ces deux exemples montrent qu’il y a bel et bien une dépendance au sentier des économies arabes vis-à-vis du monde occidental.

D’autres circonstances politiques aggravantes qui n’améliorent pas la situation économique

Certains pays arabes sont connus pour être régis par la corruption. On parle alors de l’existence d’institutions extractives. C’est le cas du Soudan du Sud, où les élites s’enrichissent au détriment du reste de la population. Cela constitue un problème, car des institutions fragiles empêchent l’innovation et l’investissement.

En effet, les investisseurs étrangers ne voient pas en ces pays des opportunités de gagner sur le long terme, car trop de risques sont présents. Ainsi, avec moins d’innovation et d’investissement, il n’y a plus de croissance économique.

Une situation économique régie par l’inflation et le chômage ?

La crise de la Covid-19 a eu des effets irréversibles sur la situation économique du monde arabe

Les pays rentiers (Arabie saoudite, Irak, Algérie) ont vu leur situation économique se dégrader structurellement depuis la crise de la Covid-19. Cela s’explique par la chute du prix du baril à cette période-là, ayant mené à une contraction drastique des recettes publiques. 

De plus, les pays arabes ne forment pas une union aussi solide que d’autres unions, comme l’Union européenne, par exemple. Cela implique qu’en période de crise, ils ne sont priorisés que par peu de pays dans le monde et leurs performances en matière d’exportations ralentissent fortement. Ainsi, les performances fragiles des pays arabes depuis 2020 ont créé un terreau fertile pour le chômage et l’inflation.

  • Le prix des denrées alimentaires a explosé partout en Afrique du Nord, mais aussi au Liban (taux d’inflation alimentaire supérieur à 200 %). Cela s’explique non seulement par la fermeture des frontières en 2020, mais aussi par la guerre en Ukraine qui a rendu le blé plus rare.
  • Les entreprises ont dû licencier pour faire face à la conjoncture, ce qui a créé un chômage structurel important. Le secteur du tourisme a été ralenti au Maroc et en Tunisie par exemple entre 2020 et 2022, ce qui a réduit les opportunités de travail dans les hôtels et les centres de vacances.

Les perspectives de développement pour améliorer la situation économique

Afin d’améliorer leur situation économique, les pays arabes se doivent d’agir à travers différents leviers.

Négocier avec les pays développés

En échangeant avec les pays occidentaux, les pays arabes parviennent à accroître les investissements dans divers projets en leur sein. L’enjeu est de cibler les secteurs clés afin de pérenniser le succès économique. Cela sera ensuite utile pour toute la population.

Voici des exemples de négociations à considérer : 

  • Arabie saoudite et États-Unis : en avril 2025, les deux pays concluent un accord historique à hauteur de 145 milliards de dollars. Il vise à la création de divers projets dans le domaine de l’intelligence artificielle et dans le secteur de l’armement. L’Arabie saoudite a aussi commandé des centaines de milliers de puces à l’entreprise Nvidia pour nourrir le matériel de l’entreprise Saudi AI.
  • Maroc et France : en octobre 2024, Emmanuel Macron s’est rendu à Rabat dans le cadre d’une visite officielle pour mettre en place des directives à suivre pour les deux pays. La France a signé pour accorder son aide au Maroc dans la construction de trains à grande vitesse dans le Sud du pays, afin de mieux préparer la Coupe d’Afrique et la Coupe du Monde 2030.

Pencher vers des institutions inclusives et justes

L’enjeu ici est de mieux orienter les dépenses publiques vers certains secteurs et vers certaines catégories de la population. Si les institutions ne changent pas, le secteur privé ne pourra pas se développer, et donc il n’y aura pas de progrès économique. 

Les gouvernements doivent reconstruire un cadre juridique qui protège l’innovation. Ce cadre doit aussi attirer les investisseurs et combattre le clientélisme et la corruption. Il ne faut toutefois pas renoncer à une protection sociale généreuse pour les plus vulnérables. Ainsi, les pouvoirs publics arabes doivent investir en masse dans l’éducation et la formation pour limiter le chômage et pour renforcer la santé publique.

 

Voilà tout, cet article est maintenant terminé. N’hésite pas à poursuivre tes révisions ici.