On oublie souvent les femmes lorsqu’on parle de la politique du monde hispanophone, alors que beaucoup ont joué un rôle majeur dans leur pays. Avoir des exemples de femmes qui ont marqué leur pays, du Chili à l’Espagne en passant par l’Argentine, est important pour la culture générale, mais c’est avant tout différenciant pour les concours, à l’écrit mais surtout à l’oral. C’est en plus un thème d’actualité, notamment avec l’élection de Claudia Sheinbaum au Mexique l’année dernière, sujet qui est d’ailleurs tombé aux concours 2024 (LV2 Ecricome).
Exemples de femmes qui ont marqué l’histoire politique de leur pays
Claudia Sheinbaum
On ne la présente plus. Présidente du Mexique depuis le 1er octobre 2024, cette scientifique de formation est la première femme à atteindre ce poste dans son pays. Elle représente une figure de stabilité politique en tant qu’héritière politique d’Andres Manuel Lopez Obrador (AMLO), son prédécesseur.
C’est un exemple récent et incontournable de femme politique qui a marqué l’actualité de 2024 (jusqu’à en faire un sujet de concours). Il est intéressant de la comparer (au moins à l’oral) à son homologue américain, élu à quelques mois d’intervalle. Pour plus de détails, je te renvoie à l’article suivant qui détaille les espoirs de sa présidence.
Michelle Bachelet
Michelle Bachelet est devenue la première femme élue présidente du Chili en 2006. Elle a également été à la tête de l’ONU Femmes de 2010 à 2013. D’abord médecin et militante socialiste, elle a effectué deux mandats présidentiels (2006-2010, 2014-2018), le second étant cependant marqué par une dégradation de la situation économique et une baisse de sa popularité.
Elle reste pourtant une figure fortement attachée à la démocratie chilienne. Elle a connu l’exil et la répression de la dictature avant de s’imposer sur la scène publique.
Irene Montero
Elle a été la ministre de l’Égalité en Espagne de 2020 à 2023. Femme politique du parti Podemos, de gauche, elle s’est notamment fait connaître par deux lois qui ont été et sont encore largement débattues en Espagne : la loi du solo si es si (sur les agressions sexuelles) et la ley trans (garantie des droits des personnes LGBT).
Isabel Martínez de Perón et Cristina Fernández de Kirchner
L’Argentine occupe une place singulière dans l’histoire politique hispanophone. Elle a été le premier pays de la région à voir une femme accéder à la présidence, avec Isabel Perón en 1974, à la suite de la mort de son mari, Juan Domingo Perón. Figure controversée, son mandat fut marqué par une grave instabilité politique et économique, jusqu’au coup d’État militaire de 1976.
Quatre décennies plus tard, une autre femme a durablement marqué la vie politique argentine : Cristina Fernández de Kirchner, élue présidente en 2007, puis réélue en 2011. Elle s’est affirmée comme une dirigeante à part entière, incarnant le courant péroniste et gouvernant dans un contexte de forte polarisation.
Francia Elena Márquez
C’est la vice-présidente du gouvernement de Gustavo Petro depuis août 2022. Issue de la communauté afro-colombienne, elle représente un symbole fort, en étant la première personne noire à exercer cette fonction. Pour beaucoup, elle a été une figure de changement en Colombie, a minima comme image, venant d’une famille pauvre, d’une communauté marginalisée et d’une région qui a souffert du conflit armé.
Femmes au pouvoir dans les secteurs économiques et culturels
Le monde du travail hispanophone continue d’être marqué par les inégalités en matière de genre. Pourtant, certaines entrepreneures, femmes d’affaires ou artistes ont réussi à acquérir une renommée mondiale.
Les exemples qui sont proposés ici ne sont pas une liste exhaustive et ont vocation à attiser la curiosité. Je ne peux que t’encourager à faire tes propres recherches sur une ou plusieurs des femmes qui t’auront ainsi parlé.
Maria Asuncion Aramburuzabala (un nom qui est plus facile à retenir qu’il en a l’air)
Selon le magazine Forbes, c’est la « femme d’affaires la plus connue du Mexique ». Elle détient, avec sa sœur et sa mère, une participation majoritaire dans l’entreprise Grupo Modelo, spécialisée dans la bière, auquel appartient notamment la bière Corona. Fondée en 1925, la société fait partie depuis 2013 du plus grand groupe brassicole au monde, Anheuser-Busch InBev.
Paula Santilli
Née à Buenos Aires, elle occupe la 66e place dans la liste des 100 femmes les plus puissantes au monde en 2020, selon Forbes. Elle est arrivée à son poste de CEO de PepsiCo Amérique latine en mai 2019.
Paula Santilli dirige le commerce des aliments et boissons de la marque pour le Mexique, l’Amérique Centrale, l’Amérique du Sud et les Caraïbes. La région inclut deux des six plus grands marchés à l’échelle mondiale : le Mexique et le Brésil.
Carolina Herrera
C’est une styliste vénézuélienne dont la marque du même nom est aujourd’hui reconnue dans le monde entier. Depuis petite, Carolina montre un intérêt pour la mode. Mais c’est à l’âge de 42 ans qu’elle se lance pleinement dans le secteur de la haute couture. Elle produit en 1981 sa première collection de mode et a depuis fondé un empire allant des vêtements, aux parfums en passant par les produits de cosmétique.
Gabriela Mistral
Née au Chili, Gabriela Mistral est la première femme latino-américaine à recevoir le prix Nobel de Littérature en 1945. En plus d’être enseignante et diplomate, son activité de poétesse a fait d’elle l’une des voix les plus importantes de la littérature chilienne et hispanophone.
Elle s’est aussi engagée en faveur des femmes et des enfants. Son œuvre est teintée de l’amour de son pays natal et d’une identité au carrefour de plusieurs influences, tant indiennes qu’espagnoles.
Shakira
L’une des plus grosses icônes latino-américaines dans le secteur musical est sans hésiter Shakira. Colombienne d’origine libanaise, elle a une carrière internationale. Preuve en est avec son titre Waka Waka, qui fut la chanson officielle de la Coupe du Monde de football de 2010.
Lors de la dernière cérémonie des Grammys, elle a dédié son prix aux immigrés, en particulier aux femmes, alors même que le gouvernement de Trump durcit sa politique migratoire et ses expulsions.
Pourquoi est-ce important de connaître ces femmes ?
Déjà, la question des femmes et du pouvoir, qu’il soit politique, économique ou culturel, est souvent mise de côté ou apprise de façon superficielle par les étudiants. Alors que ce sont justement des exemples qui permettent de sortir du lot, en essai comme en khôlle ! Ces exemples de femmes permettent aussi de nuancer ses arguments et de prendre de la distance avec des idées clichées sur ces pays. Une région souvent assimilée au machisme comme l’Amérique latine a pourtant vu 14 femmes accéder à la présidence.
On pourrait donc vouloir défendre que ces femmes illustrent l’évolution des représentations des femmes dans le monde hispanophone. Pourtant, il est difficile de dire que les mentalités changent rapidement et du tout au tout en Amérique latine. Et cela en dépit de la haute représentation des femmes à la tête d’État, en comparaison avec d’autres régions du monde. On le voit notamment dans les discours de certains hommes politiques, comme celui de Javier Milei au Forum de Davos de 2025. Il dit explicitement que « le féminisme, la diversité, l’inclusion, l’équité […] » sont autant d’ennemis de son projet politique. Certes, il y a des progrès qui sont visibles, mais il y a encore beaucoup de choses à faire.
Tu peux aussi lire ces deux articles pour avoir d’autres exemples à utiliser :



