L’Amérique latine traverse actuellement une période charnière. Les cryptomonnaies sortent de l’ombre et leurs usages se multiplient dans les pays latino-américains. Certains dirigeants les présentent comme une bénédiction pour la croissance économique, mais elles comportent aussi de nombreux risques qu’il ne faut pas négliger. Un tel sujet à l’oral en espagnol pourrait déstabiliser certains candidats. Il est donc important de pouvoir s’appuyer sur quelques exemples précis pour aborder de manière pertinente l’impact des cryptomonnaies en Amérique latine.
Un terrain favorable… mais ambivalent
Plusieurs facteurs rendent l’Amérique latine particulièrement propice à l’usage des cryptomonnaies.
D’une part, certains États connaissent une inflation persistante, une forte volatilité monétaire et des contrôles de capitaux. Ces problèmes poussent les habitants à chercher des alternatives aux systèmes bancaires traditionnels. Par exemple, entre juillet 2022 et juin 2025, la région a enregistré près de 1 500 milliards de dollars de volumes de transactions en crypto.
D’autre part, la cryptomonnaie a été présentée par de nombreux dirigeants comme la solution miracle pour s’émanciper du joug du dollar et pour l’utiliser lors des transactions internationales.
Toutefois, ce terrain favorable porte aussi des tensions. L’essor rapide des cryptomonnaies s’accompagne d’une montée des risques économiques, politiques et sociaux. Derrière la promesse d’autonomie financière se dessinent des dérives spéculatives et des vulnérabilités en matière de sécurité.
Les bénéfices des cryptomonnaies en Amérique latine
Lors de ton exposé oral ou écrit, il peut être intéressant de souligner tout d’abord que la région latino-américaine a été poussée vers la crypto par nécessité plus que par conviction, en tout cas à l’origine. En effet, dans la plupart des pays d’Amérique latine, les cryptomonnaies ne sont pas une mode importée de la Silicon Valley. Elles répondent en fait à une urgence économique. Là où l’inflation dépasse parfois les 200 % par an, les cryptoactifs apparaissent comme une solution à considérer.
Le principal atout est l’inclusion financière potentielle. Dans les zones où le système bancaire ne couvre pas tout le territoire ou coûte trop cher, les cryptos offrent une alternative. De plus, pour les transferts de fonds internationaux, passer par le Bitcoin ou l’Ethereum peut permettre de réduire les frais et les délais.
Hormis le Bitcoin ou l’Ethereum, les stablecoins se distinguent par leur stabilité, car ils sont adossés à une devise réelle. Moins volatils, ils permettent de payer et d’épargner sans subir les fluctuations des marchés. L’USDT (Tether) et l’USDC (USD Coin) sont ainsi devenus des repères de confiance. En Argentine ou au Venezuela, ils servent déjà de monnaie parallèle. Cela permet aux particuliers de préserver la valeur de leur argent tout en contournant les limites du système bancaire.
Mais le principal bénéfice mis en avant par les partisans des cryptomonnaies en Amérique latine tient à leur capacité à rompre avec la dépendance au dollar. Dans la région, la monnaie états-unienne domine les échanges et sert souvent de refuge face à l’inflation. La crypto apparaît alors comme un outil d’émancipation monétaire. En Argentine, au Venezuela ou encore au Pérou, nombre de citoyens utilisent le Bitcoin ou les stablecoins. L’intérêt est d’échapper à la dollarisation de fait qui mine la souveraineté économique.
Le Bitcoin, en particulier, séduit parce qu’il échappe à l’influence des banques centrales étrangères. En effet, son cours n’est pas déterminé par la politique monétaire américaine ni par les variations du taux directeur de la Réserve fédérale. En revanche, chaque hausse des taux de la Fed provoque une fuite des capitaux et une chute des monnaies locales. La détention d’actifs numériques offre donc une forme d’abri face aux décisions venues de Washington.
Les impacts de l’utilisation de cryptoactifs
Pour autant, plusieurs obstacles demeurent. Le premier est la volatilité. En effet, un actif numérique comme le Bitcoin est très fluctuant. Ceci limite alors son usage comme instrument de paiement au quotidien. Ensuite, la régulation et la sécurité sont souvent insuffisantes. Le scandale argentin, détaillé dans la suite de l’article, en est un exemple.
De plus, il faut prendre en compte le type d’activités financées par les cryptomonnaies. Leur traçabilité imparfaite en fait un outil privilégié pour le blanchiment d’argent, la corruption ou le financement d’activités illégales. Des enquêtes ont révélé que des réseaux criminels impliqués dans le narcotrafic ou la contrebande utilisent des plateformes latino-américaines de cryptomonnaies.
En sus, l’empreinte écologique des cryptomonnaies est colossale. Le minage de Bitcoin, particulièrement énergivore, entre en contradiction avec les ambitions environnementales affichées par plusieurs pays de la région. Le Paraguay, par exemple, a vu se multiplier les fermes de minage près des barrages hydroélectriques. Cela provoque des tensions sur le réseau et une explosion de la consommation électrique.
Quelques exemples concrets
Que ce soit à l’oral ou à l’écrit, il est primordial d’illustrer ton propos pour ne pas rester trop en surface. Le jury s’apercevra alors que tu as effectué des recherches. Voici quelques cas remarquables de l’impact des cryptomonnaies dans certains pays.
Le Salvador et l’adoption du Bitcoin comme monnaie
En 2021 et sous l’égide de Nayib Bukele, le Salvador est devenu le premier pays à adopter le Bitcoin comme monnaie de cours légal. Les intérêts revendiqués par le président salvadorien étaient les suivants : une hausse des investissements étrangers, une augmentation du tourisme, des transferts de devises facilités et, surtout, une plus grande liberté vis-à-vis des décisions des banques centrales étrangères.
Cette décision n’a pas connu un franc succès. En fait, peu d’entreprises ont réellement adopté le Bitcoin pour les paiements et l’usage effectif reste faible. Il a aussi été dévoilé que le Bitcoin finançait de nombreuses activités illégales. Il s’agit en particulier de blanchiment d’argent et de certains cartels mexicains. Quant aux investissements étrangers, ils ont connu une baisse en 2022.
Le scandale « cryptogate » en Argentine
En février 2025, le président Javier Milei a promu depuis son compte personnel sur X un token nommé $LIBRA. Il affirmait que cela « impulserait l’économie et les PME ». On estime que 44 000 investisseurs ont perdu environ 250 millions de dollars. Les victimes ont déposé plus de 100 plaintes au total.
D’ailleurs, lorsque je suis passée en oral d’espagnol à l’EDHEC, j’ai choisi le sujet qui concernait Javier Milei. Le jury m’a posé des questions assez précises sur l’usage des cryptomonnaies en Argentine. J’avais utilisé cet exemple pour illustrer l’engouement autour des cryptomonnaies et la nécessité de réguler.
Il est donc intéressant d’avoir en tête quelques notions et informations. D’autant plus que le format des oraux de langues à l’EDHEC diffère des autres écoles et s’apparente davantage à un échange. Ainsi, sans support textuel, les connaissances civilisationnelles sont indispensables.
La désinformation au Paraguay
En juin 2025, le compte X officiel du président paraguayen, Santiago Peña, a été piraté. Un message annonçait, à tort, que le Paraguay avait adopté le Bitcoin comme monnaie légale, à l’image du Salvador. Le gouvernement a rapidement démenti. Cet incident rappelle que, dans le domaine des cryptomonnaies, l’information, la sécurité numérique et la confiance sont des enjeux aussi importants que la technologie elle-même.

Perspectives
Les perspectives de développement des cryptomonnaies en Amérique latine dépendent désormais de la mise en place de conditions de viabilité solides. Un cadre réglementaire clair, capable d’encadrer les transactions et de protéger les utilisateurs est nécessaire. La région doit également renforcer la gouvernance du secteur pour transformer l’actuelle effervescence crypto en un modèle durable de modernisation financière.
Conclusion
Tu en sais désormais davantage sur l’impact des cryptomonnaies en Amérique latine. Si le sujet des cryptoactifs en Amérique latine peut sembler un peu « niche », il est toujours très utile.
Lors d’une khôlle d’ESH qui portait sur « Faire d’une cryptomonnaie la monnaie nationale », je me suis presque entièrement appuyée sur l’exemple du Salvador. Que tu fasses HGG ou ESH, ces connaissances te seront très utiles pour aborder l’impact des cryptomonnaies dans les pays en développement !



