Liban

Le Liban, autrefois emblème de prospérité et de tolérance au Moyen-Orient, est aujourd’hui confronté à des crises sans précédent. Instabilité politique, effondrement économique et défis sociaux marquent le quotidien des Libanais et le pays peine à retrouver son éclat d’antan.

Le Liban : la « Suisse du Moyen-Orient »

Liban : richesse culturelle et naturelle

Le Liban, autrefois surnommé « la Suisse du Moyen-Orient » (سويسرا الشرق), est un petit pays de 10 452 km² bordé par la mer Méditerranée à l’ouest et par la Syrie à l’est et au nord. Malgré sa superficie modeste, il se distingue par la richesse de ses paysages et de sa culture. Montagnes enneigées, vallées verdoyantes, plages méditerranéennes et villages perchés offrent une grande diversité naturelle.

Sa capitale, Beyrouth, mille fois détruite, mille fois construite, renaît toujours de ses cendres, de ses décombres, malgré les guerres, les attentats et les incendies, et, pour cette raison, on lui a attribué le surnom de « la ville qui ne meurt pas ». Ancien mandat français de 1920 à 1946, le Liban a su préserver une ouverture sur l’Occident, tout en restant profondément enraciné dans ses traditions orientales.

Un pays carrefour des civilisations

Ce pays, carrefour des civilisations, a vu naître de grands artistes et intellectuels, comme la chanteuse Faïrouz, véritable icône du monde arabe, ou encore les écrivains Elia Abu Madi et Khalil Gibran qui a d’ailleurs écrit :  « لو لم يكن لبنان وطني، لاخترت لبنان وطناً لي » (Si le Liban n’était pas mon pays, je l’aurais choisi pour en faire le mien.)

Le Liban séduit aussi par sa cuisine savoureuse, symbole de partage et de convivialité : le houmous ou le kibbeh font partie de ses plats emblématiques. Entre mer et montagne, tradition et modernité, le pays incarne un art de vivre unique, chaleureux et profondément attachant.

Un pays fondé sur la coexistence des communautés, mais miné par leurs divisions

Le système politique libanais entre fragilité et complexité

Ancien mandat français entre 1920 et 1946, le Liban devient indépendant en 1946. Depuis, son système politique repose sur un équilibre confessionnel extrêmement fragile, conçu pour tenir compte de la diversité de ses communautés. Ainsi, la Constitution libanaise prévoit que le président de la République soit toujours chrétien maronite, le Premier ministre musulman sunnite et le président du Parlement musulman chiite.

Ce système assure une représentation équitable, mais rend la gouvernance très complexe. Chaque décision nécessite un consensus entre des communautés souvent divisées. La preuve en est que, depuis le départ du président Michel Aoun en octobre 2022, le Liban n’a pas réussi à élire un nouveau président sans tarder, faute d’accord entre les forces politiques, jusqu’à ce que Joseph Aoun soit finalement investi à la présidence le 9 janvier 2025, mettant fin à une vacance de plus de deux ans à la tête du pays.

Cette situation a aggravé les crises économiques et politiques du pays.

Diversité et tensions

Cette fragilité institutionnelle reflète la profonde diversité religieuse du pays. La Constitution reconnaît dix-huit communautés différentes : douze chrétiennes, cinq musulmanes et une juive.

Cette mosaïque, symbole de la richesse culturelle du Liban, est aussi une source de tensions et de blocages politiques. Les rivalités entre communautés rendent difficile la coexistence pacifique et favorisent les ingérences extérieures.

Un pays sous influences étrangères

Arabie saoudite et Iran en première ligne

Le Liban subit depuis longtemps de fortes influences étrangères qui pèsent sur sa stabilité politique et sociale. L’Arabie saoudite soutient traditionnellement les communautés sunnites, tandis que l’Iran appuie le Hezbollah, mouvement chiite très puissant implanté surtout dans le sud du pays.

Cette implication étrangère alimente parfois les tensions internes, chaque puissance régionale cherchant à défendre ses intérêts à travers ses alliés locaux.

Rivalités communautaires et rôle de la FINUL

Parallèlement, le Liban accueille depuis plusieurs décennies la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban). Cette force a été créée pour maintenir la paix et aider le gouvernement libanais à rétablir son autorité, notamment le long de la frontière avec Israël. Elle contribue à éviter les affrontements directs et à surveiller les zones sensibles. Cependant, elle ne peut pas résoudre les blocages politiques ni les rivalités communautaires. Le pays reste donc dépendant et fragile face aux pressions extérieures.

Dans ce contexte, la visite officielle de Macron, le 17 janvier 2025, est un signe fort du soutien de la France à la souveraineté et à l’unité du Liban, ainsi qu’à la mise en œuvre du cessez‑le‑feu et au renforcement de l’action de la FINUL.

Un pays brisé par les guerres et l’instabilité

Guerre civile et accord de Taëf

Le Liban a été profondément marqué par la guerre civile (1975‑1990) entre milices communautaires. Les troupes syriennes sont intervenues en 1976 pour rétablir la paix. Mais malgré l’accord de Taëf en 1989, qui prévoyait un retrait partiel des forces syriennes, la Syrie est restée très présente politiquement jusqu’en 2005, année de l’assassinat du Premier ministre, Rafic Hariri, et du départ des troupes.

Le sud du pays a également été le théâtre de nombreux affrontements

Jusqu’en 1993, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) y menait des attaques contre l’État hébreu. En réponse, Israël a lancé plusieurs opérations militaires, notamment « Paix en Galilée » (عملية سلامة الجليل) en 1982. À partir de cette même année, le Hezbollah, soutenu par l’Iran, s’est implanté durablement au sud du Liban et a mené plusieurs guerres contre Israël, notamment en 1996Raisins de la colère » عملية عناقيد الغضب ) et en 2006 (« Punition adéquate » حرب تموز).

Le pays des cèdres peut-il encore se relever de l’effondrement ?

Aujourd’hui, le Liban est un État failli qui traverse une crise profonde. Le pays est resté sans président pendant deux ans, ses institutions sont paralysées et son économie est en ruines. L’explosion du port de Beyrouth en 2020 a symbolisé l’effondrement d’un État miné par la corruption et la mauvaise gestion. Autrefois « la Suisse du Moyen-Orient », le Liban frôle la faillite et risque la famine. L’inflation élevée réduit le pouvoir d’achat et pèse sur le quotidien des Libanais.

Le pays accueille également un très grand nombre de réfugiés, principalement syriens, qui représentent aujourd’hui plus du tiers de la population. Cette pression démographique aggrave encore la situation économique et sociale d’un État affaibli.

Le pays a traversé de nombreuses épreuves, mais le cèdre de son drapeau, symbole de résistance et de résilience, continue de rappeler l’histoire millénaire et la force de ce pays unique. Comme l’évoque l’hymne national du pays :

إسمه عزّه منذ كان
الجدود
مجدُهُ أرزُهُ رمزُهُ للخلود

Traduction :

Son nom est sa gloire depuis le début des temps.
Son cèdre est sa fierté, son symbole éternel.

Drapeau Liban

Pourtant, les crises actuelles montrent que la reconstruction sera difficile et de longue durée.

 

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