Le 3 janvier dernier, Donald Trump a frappé fort : une opération militaire éclair et le président du Venezuela, Nicolás Maduro, est arrêté. En quelques heures, un régime vacille, le droit international est violé et tout un pays, déjà plongé dans une crise multidimensionnelle, entre dans une transition incertaine. Mais le séisme dépasse Caracas : c’est l’équilibre politique latino-américain qui pourrait être durablement ébranlé. Cet article décrypte les enjeux d’un tournant historique, au cœur de l’actualité.
Les relations historiques entre le Venezuela et les États-Unis
Sous Hugo Chávez : le début de l’éloignement
L’élection de Hugo Chávez en 1998 marque un tournant majeur. Jusqu’alors, Caracas entretenait des relations étroites avec Washington, notamment dans le secteur énergétique. Chávez adopte rapidement un discours critique des États-Unis, dénonçant leur impérialisme.
Sa politique s’appuie sur le bolivarisme. Cette idéologique valorise la souveraineté nationale et l’indépendance face à Washington. Dans ce cadre, Chávez renforce le contrôle de l’État en nationalisant l’industrie pétrolière.
Par ailleurs, Chávez multiplie les provocations symboliques. En 2006, à l’ONU, il qualifie George W. Bush de « démon ».
Petit conseil : faire un rappel historique dans une copie comme à l’oral est toujours bien vu, cela montre ta maîtrise complète du sujet !
Sous Maduro : une crise interne au cœur du bras de fer avec les États-Unis
La question démocratique au cœur des tensions
En 2013, Nicolás Maduro succède à Chávez. Cette élection a provoqué de vives contestations et des observateurs ont dénoncé des irrégularités. Depuis lors, la question démocratique structure les tensions.
Les États-Unis ont refusé de reconnaître la victoire de Maduro lors des dernières élections présidentielles du 28 juillet 2024.
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2019 : le tournant des sanctions pétrolières
En 2019, l’administration Trump impose un embargo sur le pétrole vénézuélien. Toutefois, le pétrole constitue le pilier de l’économie nationale. Le Venezuela détient environ 17 % des réserves mondiales et, avant les sanctions, l’or noir représentait plus de 95 % de ses exportations.
Cette dépendance accrue au pétrole fragilise l’économie à cause des fluctuations des cours mondiaux. Par le biais de l’embargo, les États-Unis étouffent l’économie vénézuélienne et, par conséquent, affaiblissent le gouvernement de Maduro. Cependant, ces sanctions aggravent surtout la crise économique et sociale : l’inflation explose et les pénuries s’intensifient. C’est la population qui subit directement les conséquences.
Nicolás Maduro jugé de « narcoterroriste »
En 2020, les États-Unis inculpent le président vénézuélien pour « narcoterrorisme ».
Il annonce donner 15 millions de dollars pour toute information utile. Cette somme a augmenté à 25 millions début 2025, puis à 50 millions en août.
Une crise migratoire massive
La crise multidimensionnelle (économique, sociale et politique) du Venezuela a conduit des millions d’habitants à fuir leur pays. Depuis 2015, près d’un quart de la population est partie à la recherche de sécurité et d’opportunités.
Les migrations vénézuéliennes vers les États-Unis, bien qu’elles soient mineures, sont aussi un sujet de tensions avec le président Trump.
Le Venezuela dans le jeu des rivalités géopolitiques mondiales
En retour, Caracas accuse Washington d’ingérence. En 2019, une tentative de coup d’État contre Maduro l’a poussé à dénoncer les États-Unis d’un « coup d’État fasciste » sans preuve à l’appui.
Face à ces tensions, la Russie et surtout la Chine ont profité de cette fenêtre d’opportunité. Elles se sont rapprochées du Venezuela et surtout de son pétrole. Aujourd’hui, de nombreuses entreprises chinoises et russes exploitent le pétrole abondant. De plus, Caracas se rapproche idéologiquement de ces deux États. Ainsi, le Venezuela se trouve au cœur de la nouvelle Guerre Froide entre les États-Unis et la Chine.
Une escalade progressive depuis le retour de Trump
Depuis la réélection de Donald Trump, les relations se dégradent fortement. Washington adopte une ligne offensive et assume une stratégie de confrontation. Dès août 2025, les États-Unis renforcent leur présence militaire dans le sud des Caraïbes. Sept navires ont été attaqués pour trafic de drogue.
Par ailleurs, Trump a autorisé la CIA à s’implanter au Venezuela, informant fortement l’attaque du 3 janvier 2026.
L’assaut sur Caracas et l’enlèvement du couple présidentiel
Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, Trump ordonne une opération d’envergure sur la capitale. D’abord, les forces armées plongent plusieurs quartiers dans le noir en neutralisant les infrastructures électriques. Elles déclenchent la mission SEAD (Suppression of Enemy Air Defenses), consistant à réduire leurs capacités aériennes (radars, bases, antennes de communication).
Ainsi, Washington prend le contrôle du ciel. Plus de 150 aéronefs participent aux bombardements, causant environ 80 décès, dont deux civils.
Après les bombardements, des hélicoptères d’opérations spéciales approchent du complexe présidentiel et une unité pénètre dans le palais. Les soldats capturent Nicolás Maduro et son épouse, Cilia Flores. Donald Trump annonce la capture et publie une photo du président vénézuélien, les yeux bandés, à bord d’un navire militaire se dirigeant vers New York.
Dès le 5 janvier, Nicolás Maduro a comparu devant un tribunal fédéral. Tous deux ont plaidé non coupables des accusations de narcoterrorisme, Maduro affirmant être « innocent » et se disant « prisonnier de guerre ». De prochaines comparutions auront lieu dans les mois prochains. Je te conseille de suivre cette affaire régulièrement afin d’avoir un exemple complet et actuel.
La vice-présidence, Delcy Rodríguez, assure la présidence par intérim.
Le lendemain, Trump donne une conférence dans laquelle il justifie son action en accusant Maduro de narcoterrorisme. Ensuite, il assume un intérêt stratégique dans le pétrole vénézuélien afin de planifier une future exploitation par des entreprises étasuniennes. Enfin, il critique l’idéologie du régime et affirme vouloir s’entourer de « bons voisins », autrement dit des États proches de la doctrine américaine. Il annonce vouloir contrôler le pays le temps d’une transition politique.
Une violation manifeste du droit international
L’intervention soulève immédiatement une controverse juridique : Trump n’a ni sollicité l’autorisation formelle du Congrès ni informé l’ONU. Cependant, le droit international encadre strictement l’usage de la force. En agissant seul, Washington fragilise ces principes et pourrait encourager d’autres États à suivre ce modèle.
Amnesty International affirme : « Nous condamnons sans équivoque tant l’usage illégal de la force par les États-Unis que les multiples crimes commis par les autorités vénézuéliennes contre sa population. » De son côté, António Guterres dénonce une violation du droit international et appelle au respect de la Charte des Nations unies.
Les conséquences d’une transition contestée
Delcy Rodríguez : entre amnistie et violations des droits humains
Dès l’enlèvement de Nicolás Maduro, sa vice-présidente, Delcy Rodríguez, prend le pouvoir. Trump affirme qu’elle serait prête à coopérer avec les États-Unis, bien qu’elle affirme que le Venezuela ne deviendra la colonie de personne.
Sous sa présidence par intérim, le Parlement adopte plusieurs lois clés :
- Une loi d’amnistie : elle permet de libérer les prisonniers politiques, quelques centaines déjà depuis son entrée en vigueur le 18 février 2026.
- Une loi ouvre le pétrole au privé, ce qui permet aux entreprises étasuniennes d’exploiter cette matière première.
Elle annonce aussi un accueil des Vénézuéliens réfugiés à l’étranger, prévoit une réforme judiciaire ainsi que la fermeture de la prison de l’Hélicoïde, symbole des violations sous l’ancien régime.
Cependant, de nombreux opposants sont encore emprisonnés et des arrestations ont encore lieu. Le régime continue d’arrêter des journalistes et censure la presse. Amnesty International et d’autres organisations dénoncent des violations des droits humains.
Maria Corina Machado et la controverse autour du prix Nobel de la paix
Le 10 octobre 2025, le prix Nobel de la paix est attribué à Maria Corina Machado pour son engagement en faveur d’une transition démocratique au Venezuela. Elle se positionne alors comme une figure centrale de l’opposition au régime en place et la principale concurrente à Maduro pour les élections.
Cependant, sa relation avec Trump crée une polémique. Elle félicite le président étatsunien pour l’opération militaire du 3 janvier et la capture de Nicolás Maduro. Le 15 janvier, elle déclare vouloir offrir son prix Nobel de la paix à Trump en signe de reconnaissance. Le Centre Nobel refuse cette initiative en rappelant qu’un prix ne peut être ni transféré ni cédé à une autre personne.
Paradoxalement, Trump ne l’inclut pas dans ses projets de transition politique au Venezuela.
Les menaces des États-Unis sur d’autres États d’Amérique latine
Le 5 janvier 2026, l’administration Trump publie un message sur X affirmant qu’ « il s’agit de notre hémisphère ». Par ces mots, Washington revendique une influence sur l’ensemble du continent américain. Il évoque une version modernisée de la doctrine Monroe, qu’il appelle la « doctrine Donroe ».
Pression sur le Mexique
Peu après l’opération au Venezuela, Trump évoque une possible opération terrestre au Mexique contre les cartels. La présidente mexicaine rejette toute ingérence. Elle reste confiante en raison de sa coopération avec Washington contre le narcotrafic et des forts liens économiques qui les lient.
Néanmoins, les États-Unis n’agissent pas réellement contre la violence du narcotrafic : exportation d’armes, manque d’action contre la consommation de drogue et absence de financement à destination de Mexico pour l’aider dans ses actions.
Tensions accrues avec Cuba
Les relations entre les États-Unis et Cuba restent historiquement tendues depuis 1959 en raison de leur opposition idéologique. Sous Trump, ces tensions se ravivent. La réduction des exportations de pétrole vénézuélien vers Cuba, suite aux actions étatsuniennes de janvier, exacerbe la crise économique et sociale que connaît l’île.
Ainsi, à plusieurs reprises, Marco Rubio, secrétaire d’État, a déclaré que le régime cubain était « prêt à tomber ».
Menace sur la Colombie
Enfin, Trump cible aussi la Colombie et la persistance du narcotrafic dans le pays. Il évoque une action similaire à celle menée au Venezuela.
Conclusion
L’arrestation de Nicolás Maduro ne marque donc pas seulement la fin d’un cycle politique au Venezuela : elle ouvre une période d’incertitude profonde, entre transition fragile, rivalités internes et tensions régionales. Derrière l’argument du narcotrafic et de la défense de la démocratie, l’intervention de Donald Trump révèle une ambition plus large : réaffirmer l’influence américaine sur son « hémisphère » en contrôlant à la fois le pétrole et une idéologie.
Les actions de Donald Trump en Amérique latine sont nombreuses et ses ambitions sont grandes. Je te conseille de suivre cette actualité, car cela pourrait bien constituer un sujet de concours complet.
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Vocabulaire utile
- Bolivarianismo : bolivarisme
- Nacionalizar el petróleo : nationaliser le pétrole
- Un embargo/un bloqueo : un embargo
- Una crisis multidimensional : une crise multidimensionnelle
- Una injerencia : une ingérence
- Una escalada de las tensiones : une escalade des tensions
- Una aeronave : un aéronef
- Un asalto : un assaut
- Un navío de guerra : un navire de guerre
- Comparecer : comparaître
- La presidenta interina : la présidente par intérim
- Rodearse de “buenos vecinos” : s’entourer de « bons voisins »
- El Premio Nobel de la Paz : le prix Nobel de la paix



