Le 28 février 2026, Donald Trump frappe fort : une offensive massive vise l’Iran. En quelques heures, le Moyen-Orient s’embrase, les tensions régionales explosent et le spectre d’un conflit généralisé ressurgit. Mais le choc dépasse largement la région : au sein même du camp occidental, les divisions éclatent. L’Espagne de Pedro Sánchez refuse de suivre Washington et revendique une autre voie. Cet article décrypte les enjeux d’une rupture stratégique majeure, au cœur de l’actualité. On en profitera aussi pour analyser la réalité de la puissance militaire espagnole. Bonne lecture !
« Non à la guerre » : Sánchez s’oppose à la stratégie de Donald Trump
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une offensive majeure contre l’Iran. Des frappes ont touché Téhéran et d’autres sites stratégiques. Dès le lendemain, Donald Trump annonce la mort du Guide suprême, Ali Khamenei. En réaction, le régime iranien bombarde plusieurs pays du Moyen-Orient. Dans ce contexte, l’Espagne adopte une position de rupture en refusant de soutenir Washington.
Sánchez ferme la porte aux États-Unis
L’Espagne refuse de soutenir les États-Unis. Pedro Sánchez, Premier Ministre espagnol, prend une décision forte en interdisant l’utilisation des bases militaires andalouses par l’armée américaine. Par conséquent, l’armée étasunienne doit se réorganiser et déplacer une quinzaine d’avions de ravitaillement dans d’autres pays européens.
Ce choix marque une prise de distance claire avec Washington. En réaction, Donald Trump critique vivement son homologue espagnol qu’il qualifie de « mauvais dirigeant ». Malgré ces tensions, Sánchez assume publiquement sa décision dans une allocution télévisée.
Les relations de Trump avec l’Espagne et l’Amérique latine est un sujet probable à l’écrit comme à l’oral. Afin d’approfondir sur ces relations, je te conseille de lire cet article.
Sánchez comme défenseur du droit international
Pedro Sánchez justifie sa position par la défense du droit international. Il affirme que les actions de Trump ne respectent pas la Charte des Nations unies visant à préserver la paix. Il déclare notamment : « C’est ainsi que commencent les grandes catastrophes de l’humanité…on ne peut pas jouer à la roulette russe avec le destin de millions de personnes ».
Lors de son allocution télévisée, il prononce un slogan emblématique : « Non à la guerre ». En effet, cette expression possède une portée historique en Espagne. Elle renvoie aux grandes mobilisation de 2003 contre la guerre en Irak menée par les États-Unis. À l’époque, le gouvernement de José María Aznar soutenait l’intervention impulsée par Georges W.Bush. Pourtant, une large majorité de la population espagnol s’y opposait. Le slogan « non à la guerre » est alors devenu un symbole durable dans le débat public. En le reprenant, Pedro Sánchez mobilise cette mémoire collective et souligne la nécessité d’éviter de reproduire les erreurs du passé.
Toutefois, certains critiquent la stratégie du Premier Ministre espagnol. Ils estiment qu’il cherche à renforcer sa popularité dans un contexte politique tendu. En effet, dans un contexte politique tendu, Pedro Sánchez cherche à consolider sa position. Le blocage constitutionnel persiste comme le démontre la reconduction du même budget pour la troisième année consécutive. Le « non à la guerre » montre alors un rapprochement de l’opinion publique car 70% des espagnols sont opposés à la guerre selon plusieurs sondages.
Par ailleurs, sa position reçoit des soutiens européens. Joseph Borrell, ancien chef de la diplomatie européenne, déclare sur X : « la condamnation espagnole aux actions américains et israéliennes est une affirmation des principes fondateurs de l’Union Européenne ».
Trump déploie la menace commerciale
Après avoir qualifié l’Espagne d’ « épouvantable », Donald Trump hausse le ton. Il menace de rompre les relations commerciales avec Madrid.
Malgré ces pressions, Pedro Sánchez maintient sa position et condamne toujours l’intervention étasunienne au Moyen Orient. Il rassure l’opinion publique en affirmant que l’Espagne dispose des ressources nécessaires pour faire face à d’éventuelles sanctions. Il promet également un soutien aux secteurs les plus exposés.
Par ailleurs, il rappelle un principe central. Toute révision des accords commerciaux doit respecter le droit international et les engagements européens. Appartenant à l’Union Européenne, un embargo apparaît difficile à mettre en oeuvre.
De son côté, le quotidien El Mundo analyse la crédibilité de cette menace d’embargo. Il explique ce choix par des contraintes juridiques internes aux États-Unis. En effet, la Cour suprême a récemment contesté plusieurs mesures de tarifs douaniers. Elle a jugé une partie d’entre elles illégales. Ces décisions pourraient concerner plus de 130 milliards de dollars d’échanges. Dans ce contexte, l’embargo apparaît comme une alternative. Toutefois, cet outil reste fortement symbolique car historiquement, les États-Unis l’utilisent contre des adversaires comme Cuba ou l’Iran.
Enfin, cette crise alimente les divisions internes en Espagne. Le Parti Populaire, dirigé par Alberto Núñez Feijóo, accuse Pedro Sánchez d’affaiblir la crédibilité du pays au sein de l’Alliance atlantique.
Une position singulière en Europe et au sein de l’OTAN
L’Espagne : le mauvais élève de l’OTAN
L’Espagne fait objet de critiques récurrentes au sein de l’OTAN Donald Trump reproche à Madrid un effort militaire insuffisant. En effet, depuis longtemps, le pays consacre moins de 2% de son PIB à la défense.
Dans le contexte actuel, les exigences se renforcent et les tensions ressurgissent lors du sommet de l’OTAN tenu à La Haye en juin 2025. Les États membres s’accordent sur une hausse importante des dépenses militaires : 5% du PIB afin de renforcer les capacités de défense.
Toutefois, l’Espagne adopte une position différente. Pedro Sánchez refuse d’aligner son pays sur ce seuil. Il estime qu’un niveau de 2,1% du PIB reste suffisant pour concilier sécurité et contraintes budgétaires.
Cette position suscite aussi des critiques de la part du PP (Parti populaire) dénonçant un manque d’engagement pouvant affaiblir la crédibilité de l’Espagne au sein de l’Alliance atlantique.
L’armée espagnole
L’Espagne occupe une position paradoxale sur le plan militaire. D’un côté, elle apparaît en retrait dans la dynamique européenne et atlantique de réarmement. En effet, elle souffre d’un manque d’équipements. Ainsi, certains observateurs la placent parmi les États les moins engagés dans la construction d’une défense européenne autonome.
Cependant, cette lecture reste partielle. En réalité, l’Espagne dispose d’atouts significatifs. Elle constitue la quatrième puissance militaire en Europe et se classe au 17ᵉ rang mondial selon l’indice Global Firepower. Ce classement repose sur plus de soixante critères, comme les capacités logistiques, les ressources ou les alliances. De plus, le pays occupe la huitième place mondiale en matière d’exportations d’armement devançant des États comme l’Égypte ou l’Arabie saoudite.
Par ailleurs, Madrid engage depuis plusieurs années un effort de modernisation. Le pays bénéficie notamment d’une supériorité technologique et logistique dans le bassin méditerranéen. Dans cette logique, le gouvernement annonce en juillet 2025 un renforcement des effectifs. Il prévoit l’ajout de 14 000 soldats d’ici 2035, dont la moitié avant 2029.
Sánchez fait cavalier seul au Moyen Orient et surtout en Israël
Depuis le début du conflit israélo-palestinien, l’Espagne adopte une position ferme à l’égard d’Israël. En mai 2024, Madrid reconnaît la Palestine, ce qui a intensifié les tensions diplomatiques avec Israël. Fin 2025, le gouvernement espagnol accuse Israël de commettre un « génocide » sur la population palestinienne. Cette prise de position provoque une crise directe avec le Premier Ministre israélien, Benjamin Netanyahou.
Dans ce contexte, l’Espagne adopte plusieurs mesures : imposition d’un embargo sur les armes à Israël, rappel de son ambassadrice, interdiction des produits issus des colonies en Cisjordanie.
En réaction, les autorités israéliennes dénoncent la position espagnole. Le ministre des Affaires étrangères qualifie Pedro Sánchez d’ « antisémite » et Yolanda Díaz, ministre du travail, très critique envers Israël, se voit interdire l’entrée sur le territoire israélien.
Enfin, ces tensions se répercutent dans la société espagnole. En septembre 2025, la Vuelta, célèbre compétition cycliste espagnole, devient un véritable symbole de contestation. Des manifestations pro-palestiniennes perturbent à plusieurs reprises la course, avec une présence de plus de 100 000 personnes. Les manifestants dénoncent à la fois la guerre et la présence de l’équipe Israel Premier Tech. Ainsi, la contestation dépasse le cadre sportif et s’impose comme un phénomène politique majeur.
Conclusion
Ainsi, la crise entre Washington et Madrid dépasse une simple divergence conjoncturelle. Elle révèle surtout l’affirmation d’une ligne politique propre à l’Espagne. En refusant de s’aligner sur les États-Unis, Pedro Sánchez cherche à défendre une diplomatie plus autonome et fondée sur le droit international.
Reste désormais à savoir si cette stratégie pourra s’inscrire dans la durée. Elle pourrait en effet redéfinir la place de l’Espagne dans les équilibres internationaux et marquer une nouvelle étape dans la politique étrangère de Pedro Sánchez.
Cet article offre des clés d’analyse pour comprendre la politique étrangère sous Pedro Sánchez. Pour approfondir cette réflexion, clique ici.
Vocabulaire utile
- “No a la guerra” : “Non à la guerre”
- Un eslogan : un slogan
- Un base militar : une base militaire
- La Carta de las Naciones Unidas : la Charte des Nations unies
- Espantoso : épouvantable
- Un embargo / un bloqueo : un embargo
- Las tasas aduaneras : les taxes douanières
- La OTAN (Organización del Tratado del Atlántico Norte) : l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord)
- El rearme europeo : le réarmement européen
- Un genocidio : un génocide
- Antisemita : antisémite
- La diplomacia : la diplomatie
- La política exterior : la politique étrangère



